Un cas éthique qui soulève les passions.

Publié le par Stéphane Gendron

Le quotidien de la région de Lincoln au Nebraska - Journal Star - fait la une de tous les médias nationaux aux États-Unis avec cet article publié hier, le 21 mars dernier, à propos de la Famille Yaeger, dont la jeune enfant de 10 ans doit mourir au cours des prochaines heures de complications dues à une tumeur au cerveau. Pour lire l'article du quotidien, cliquez ici. Pour voir le reportage d'Associated Press, cliquez ici.

Après 7 années de lutte contre la maladie, Jayci s'apprête à quitter la Terre. Il s'agit d'un moment énormément difficile et triste. À la fois pour les proches et les amis, mais tout aussi pénible pour les parents. Or, Jayci n'avait exprimé qu'un seul souhait avant de perdre définitivement l'usage de la parole: revoir son père pour une dernière fois. Or, les autorités carcérales du père de la jeune fillette - emprisonné pour traffic de drogues pour un-e période de 5 1/2 ans ont refusé la toute dernière demande d'accès du père. Il faut toutefois préciser que la jeune Jayci a bel et bien vu son père à 3 reprises au cours des dernières semaines. Certains médias ont colporté la nouvelle affirmant que le père s'était vu refusé LA demande comme si celui-ci était demeuré sans nouvelle de son enfant depuis son incarcération. Fast-food de l'information encore une fois.

Cependant, ce qui étonne et qui émeut dans cette histoire est l'absence apparente de compassion des autorités carcérales. Le détenu veut revoir sa fille au chevet de la Mort. Réponse des autorités:

"While there are no set determining factors, ‘extraordinary circumstances’ are determined on an individual, case-by-case basis. ... His case is not unlike that of many other offenders, whose incarceration takes them away from loved ones who must endure both financial and health-related hardships." Michael K. Nalley - Directeur régional des installations carcérales du Nebraska.

Le fond de l'affaire: un transfert du Détenu en maison de transition avant le délai prescrit par la procédure, ce qui lui permettrait un accès direct à sa fille - mourante. Les autorités carcérales ne veulent pas créer de précédent, chaque cas devant être analysé au mérite.

Voici un exemple de bureaucratie désincarnée de toute compassion. Comme on le dit souvent à la Faculté de Droit:  Dura lex, sed lex (la loi est dure, mais c'est la loi), il existe un moyen de permettre à ce Père et cette jeune fille éprouvée d'être réuni avant la sépartion définitive de la Mort. Sans nécessairement permettre au Détenu d'enfreindre les règles et se retrouver dans une maison de transition, n'importe qui aurait une solution à apporter ne serait-ce que pour permettre à cette enfant de mourir en paix. Parfois, accompagner son enfant dans la Mort vaut n'importe quelle thérapie de réhabilitation.

Stéphane Gendron

Le Père et détenu Jason Yaeger auprès de sa fille mourant, Jayci.
Photo prise le 29 février 2008.

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Publié dans huntingdon

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Dino saure 25/03/2008 16:33

S'il vous plaît, c'est déjà suffisamment triste d'entendre des histoires de morts d'enfants sans en plus retourner le fer dans la plaie...vous avez la délicatesse de nous exposer un problême américain ....Ici, je dis, il n'y a pas vraiment de justice...on laisse sortir des tueurs potentiels sous des prétextes vaseux et on abandonne le droit des enfants  en se gorgeant de paroles pieuses...De plus on a expulsé du barreau la seule Juge qui fesait vraiment attention aux enfants...l'ex Juge Ruffo alors que dire de nous...de loin comme cela entre les branches, les pervers doivent bien se marrer..dura machin soit machin....Il y a une loie qui sera toujours plus dure que cela ...on appelle cela la vérité.      A bon entendeur salut !!!

baba 25/03/2008 04:15

C'est très triste de voir que ce sont souvent les parents des criminels qui paient pour leurs fautes en plus des criminels eux-mêmes.  Cette pauvre enfant ne demande pourtant pas quelque chose d'insensé ou d'impossible a réaliser mais, c'est pourtant elle qui est punie pour les conneries de son père alors qu'elle ne comprends probablement pas pourquoi, au départ, il est en prison.

anneso 23/03/2008 01:24

C est trop triste survivre à ses enfants, j espère ne jamais vivre celà.;((((

Luc Bertrand 22/03/2008 21:49

Bonjour Mr. Gendron, À première vue, j'espère que les autorités vont reviser leur jugement rapidement, et/ou qu'une pression venant des citoyens et des médias poussera ceux-ci à réaliser le dernier souhait de cet enfant sur son lit d'adieu.  Je suis d'accord avec le commentaire d'Andrew, mais en tant que père de famille ma décision est en faveur de l'enfant, de m'imaginer son regard triste et amer avant son dernier souffle, déçue et peinée de n'avoir pu voir son papa ... une dernière fois. Un mot simple me vient à l'esprit : humanisme. Comme vous dites : "DURA LEX SED LEX", cette expression que je trouve un peu intégriste de nos jours, est quand même souvent d'actualité ... mais c'est du cas par cas. Entouka !! Bonne Journée !!Luc Bertrand, Valleyfield

Andrew da Silva 22/03/2008 19:21

C'est difficile de commenter une telle décision. Étant de droite/conservateur, je suis pour une justice sévère. Par contre, si j'avais un enfant et ne pourrait être à ses côtés pour le voyage, ça serait très douloureux.De plus, ce qui est traitre dans un tel cas, c'est que si on refuse le souhait de la jeune fille, on la pénalise plus que le père. Le père lui mérite ce qu'il a, comme mentionne le directeur, tout détenu se voit éloigné de sa famille, et lorsqu'un parent meurt, il n'aura pas des traitements spéciaux pour autant.Je prendrais sûrement une décision en me basant sur le coût et la faisabilité au niveau national (puisque ça créera une jurisprudence).Très bonne citation ou dicton, la loi est dure, mais c'est la loi.Alors pensez-y avant de faire le traffic de la drogue, de conduire sous l'effet de drogues/alcool ou autres méfaits.Maintenant je vais aller préparer mon armure pour les attaques qui vont suivre! ;)

Stéphane Gendron 22/03/2008 20:35


Andrew, long time no see. Bienvenu de retour sur notre Blog. Au plaisir de vous lire, avec ou sans armure... Stéphane