Levons l'Embargo sur Cuba.

Publié le par Stéphane Gendron

La bonne nouvelle est tombée dans la foulée des festivités du 50è anniversaire de la révolution cubaine. Raul Castro a déclaré être prêt à discuter face à face avec Obama lorsque ce dernier sera assermenté président "...sans carotte ni bâton." Il s'agit d'une grande et excellente nouvelle en ce début d'année 2009.

L'île de Cuba, en pleine crise économique, a besoin du souffle américain pour survivre et continuer le progrès social enclenché par Fidel Castro dans le cadre de sa Révolution. Comment se fera cette ouverture et dans quelles conditions? Quels seront les paramètres imposés par l'Administration démocrate?

Une chose est certaine, les États-Unis n'ont pas grand chose à perdre et les Cubains, tout à gagner. De toute évidence, cette relaxation se fera par étapes et non subitement.

Ce vent de fraîcheur mettra peut-être un terme au bras de fer de certains pays de l'Amérique du Sud vis-à-vis les États-Unis, dont le Vénézuela, l'Équateur et la Bolivie. Un rapprochement en ce sens est souhaitable avant que l'Iran ou d'autres juridictions ne développent davantage avec ces pays de notre hémisphère.

Pour lire la dépêche de l'Agence France-Presse sur France 24, cliquez ici.

Stéphane Gendron



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Nabil Ouazzani 13/01/2009 06:10

Très content. Un peuple fier, instruit et bien éduqué. Cuba a très bon potentiel humain. Bonne chance Cuba. En passant, j'ai travaillé des mois aux USA et c'est un peuple formidable. Il ne faut pas confondre le peuple Américains et les gouvernements Voyous comme ceux de Harper ou Bush.

Carol Tremblay 10/01/2009 21:39

LE DOSSIER DE L’UGEQ
D'abord les faits.
Dans la revue marxiste Parti-Pris de février 1965, consacrée aux aspects du syndicalisme québécois, nous lisons (en page 4) cette proposition pour une stratégie d'ensemble des forces de gauche :
«Nous voudrions reprendre une idée que suggérait Jacques V. Morin, il y a quelques mois: FORMER UN CAUCUS DE GAUCHE de tous les militants syndicaux (permanents ou non, F.T.Q. ou C.S.N.) favorables au socialisme québécois. CE CAUCUS devrait définir une idéologie qui pourrait servir d'instrument politique à nos syndicats. Nous croyons que ce CAUCUS devrait insister sur le SOCIALISME, sans pour cela mettre en veilleuse l'aspect national. Disons que pour être MEMBRES DU CAUCUS, les militants devraient OPTER POUR LE SOCIALISME québécois. En deuxième lieu, le CAUCUS devrait définir une stratégie, un plan d'action, pour faire pénétrer cette idéologie au sein de nos syndicats. Et enfin les militants pourraient mettre en application cette stratégie.»
C'était signé: "Parti-Pris, J.-M. P.", initiales qui correspondent visiblement à Jean-Marc Piotte, rédacteur habituel à cette revue marxiste.
En mars 1965, se tient la première semaine syndicale de l'UGEQ. Dans le journal de l'Université Laval, en date du 11 mars, M. Jacques Pelletier signe un "Commentaire" qui est un bilan de la Semaine Syndicale de l'UGEQ. Le titre de l'article de M. Pelletier est déjà significatif : « Un congrès sans étudiants. »
En effet, après avoir fait remarquer que « les étudiants n'étaient pas à ces assises », l'auteur précise quels étaient les "vrais " participants de ce congrès qui se couvrait officiellement de l'étiquette "étudiant":
«Tout ce qu'il y a de syndicalisme était là, PLUS LA GAUCHE RÉVOLUTIONNAIRE, DES GENS DE PARTI-PRIS, RÉVOLUTION QUÉBÉCOISE, SOCIALISME 64, etc. Incidemment, je me demande si de n'avoir FAIT APPEL QU'À LA GAUCHE n'a pas nui à ces assises. Chose certaine, cela n'a pas aidé à animer les discussions. ON SAVAIT, AU DÉPART, QUE TOUS CEUX QUI FAISAIENT PARTIE DES PANELS ÉTAIENT, AU MOINS GLOBALEMENT, D'ACCORD.»
Et M. Pelletier termine son commentaire ainsi:
«Ce congrès fut avant tout un congrès de travailleurs. MÊME PAS; UN CONGRES DES PERMANENTS SYNDICAUX ET DE LA GAUCHE QUÉBÉCOISE.»
Dans le même numéro du journal de l'Université Laval, celui du 11 mars 65 que nous avons cité plus haut, la déclaration du président de l'UGEQ, Monsieur Jacques Desjardins, à cette Semaine Syndicale de l'UGEQ, est rapportée dans ses lignes essentielles. En voici quelques extraits qui en donnent l'orientation générale:
«Nos quatre syndicats n'ont pas de politique globale de revendication, ils n'ont pas de STRATÉGIE COMMUNE. Ils sont divisés face aux pouvoirs publics...
«L'UCC, la FTQ, la CSN et l'UGEQ ne peuvent plus faire cavalier seul...
«Ce qu'il nous faut, c'est un Comité intersyndical de revendications sociales, un genre de conseil supérieur pour diriger l'action revendicatrice des quatre syndicats...
«Les communiqués de presse si bons soient-ils ne valent pas le spectre d'une grève POLITIQUE générale des quatre syndicats du Québec unis autour d'objectifs précis et déterminés. L'élément progressif de l'État et des différents partis politiques sentant l'appui possible des masses laborieuses mettrait au second plan les réactionnaires, les protecteurs d'intérêts et les chasseurs de sorcières. » (Le Carabin, p. 8)
Il n'est pas nécessaire d'avoir fait un cours universitaire pour se rendre compte que la stratégie politique proposée par le Président de l'UGEQ, M. Jacques Desjardins, est substantiellement la même que celle mise de l'avant, quelques semaines à peine avant la première Semaine Syndicale de l'UGEQ, par Jean-Marc Piotte en page 4 de la revue marxiste Parti-Pris de février 65, dont nous rapportions au début de notre article la proposition pour une stratégie d'ensemble des foirces de gauche.
Mais ne nous arrêtons pas là. Continuons. Suivons la progression de « l'idée que suggérait Jacques V. Morin il y a quelques mois: FORMER UN CAUCUS DE GAUCHE de tous les militants syndicaux (permanents syndicaux surtout, dirions-nous) favorables au socialisme québécois.» (Parti-Pris, J.-M.P.)
Au mois de mars 65, quelques semaines après la parution de l'éditorial de J.-M.P. (Jean-Marc Piotte), le Devoir publiait un communiqué de presse qui nous apprenait que le CAUCUS DE GAUCHE était formé. Etaient participants de ce CAUCUS DE GAUCHE : (remarquez bien les noms) JACQUES DESJARDINS, Président de l'UGEQ; JEAN-MARC PIOTTE, de la revue marxiste Partis-Pris; Pierre Vallières de la revue marxiste Révolution Québécoise (récemment mis en prison pour activités subversives); André d'Allemagne du RIN (récemment nommé secrétaire de l'AGEUM - Association Générale des Etudiants de l'Université de Montréal); et Marc Boulard,du NPD (un des lieutenants de M. R. Cliche).
Le 30 mars 1965, un autre communiqué de presse paraissait dans "Le Devoir" nous annonçant, cette fois, la mise en place du "COMITÉ DE COORDINATION DES MOUVEMENTS DE GAUCHE". Voici la composition de ce comité telle que donnée dans "Le Devoir" du 30 mars 1965:
«Le Comité de Coordination des Mouvements de Gauche comprend ; le CAUCUS DE GAUCHE(l), le Club Socialiste Jacques Perrault (professeur à l'université à e Montréal), Coopératives des éditions socialistes (Michel Chartrand), Groupe d'Action Populaire, la Revue Socialiste, la Ligue Socialiste Ouvrière, le PARTI COMMUNISTE CANADIEN, Parti-Pris mouvement, le Parti Socialiste 65 (revue) et Révolution Québécoise. Au cours de la première réunion qui a eu lieu dimanche, ces divers mouvements ont formé un comité de coordination qui devra se réunir au moins une fois par mois. Ce comité a également été chargé d'inviter les autres mouvements de gauche à participer au regroupement des forces de gauche et à préparer la célébration de la fête universelle des travailleurs le 1 er mai.»
Ce n'est un secret pour personne, le 1er mai est la fête officielle du Parti Communiste International. La Célébration eût donc lieu à Montréal et elle fut rapportée par les journaux : les mouvements de gauche réunis - sans excepter le CAUCUS DE GAUCHE dont M. Jacques Desjardins, président de l'UGEQ, est participant officiel - chantèrent le chant universel communiste, l'INTERNATIONALE, à la gloire de Moscou et Pékin.
LA FONDATION DE L'UGEQ.
Dans une interview accordée à un hebdomadaire du Lac St-Jean (et rapportée dans A.-Q. de Mars 65, en page 11) le président de l'UGEQ, M. Jacques Desjardins déclara ce qui suit :
«L'UGEQ a déjà, un mois après sa fondation, 55,000 membres.»
55 000 membres, c'est beaucoup; mais 55 000 membres un mois seulement après la fondation de l'UGEQ, c'est trop vite, pour que l'on ne se pose pas de question sur le procédé de recrutement sans peine de l'UGEQ.
Commençons au commencement. Dans la revue marxiste Parti-Pris de février 65, en page 22, M. Michael McAndrew écrit ceci:
«En novembre 1964, a lieu la fondation de l'Union Générale des Etudiants de la province de Québec (UGEQ). CETTE FONDATION SE PRÉPARAIT DÉJÀ DEPUIS QUELQUES ANNÉES et au cours de l'été 64, les étudiants des trois universités françaises s'étaient successivement retirés de l'Union Canadienne des Etudiants (l'UCE).»
Le texte de M. McAndrew dit que la fondation de l'UGEQ était préparée déjà depuis quelques années. Mais qui préparait cette fondation depuis quelques années déjà ? Les étudiants des « trois universités françaises »... Dans ce cas les étudiants des trois universités françaises auraient certainement été les premiers à la PREMIÈRE Semaine Syndicale de l'organisme dont ils préparaient la fondation déjà depuis quelques années. Il n'aurait pas été étonnant qu'il en fut ainsi. Mais ce qui est très étonnant, c'est que « les étudiants des trois universités françaises » étaient absents, et d'une absence si générale que le journaliste du "Carabin" de l'Université Laval, qui s'y était rendu, M. Jacques Pelletier, a pu donner pour titre à son "commentaire" sur cette première Semaine Syndicale de l'UGEQ : « UN CONGRES SANS ETUDIANTS ! » Est-ce assez dire !
Qui était présent?
Les intéressés sûrement, ceux qui préparaient la fondation de l'UGEQ déjà depuis quelques années évidemment.
Après nous avoir dit que « les étudiants n'étaient pas à ces assises » mais que « tout ce qu’il y a de syndicalisme était là », M. Pelletier ajoute:«PLUS la gauche révolutionnaire. Des gens de Parti-Pris, Révolution Québécoise, Socialisme 65, etc. Incidemment je me demande si de N’AVOIR FAIT APPEL QU'À LA GAUCHE n'a pas nui à ces assises. On savait, AU DÉPART, que tous ceux qui faisaient partie des panels étaient, au moins GLOBALEMENT, D'ACCORD.»
Et M. Pelletier termine son reportage en remarquant que ce congrès n'était «même pas un congrès de travailleurs, mais un congrès de permanents syndicaux et la gauche québécoise!»
LE PROCÉDÉ DE RECRUTEMENT DE L'UGEQ
La première Semaine Syndicale de l'UGEQ a eu lieu en Mars 65, soit quatre mois après sa fondation en novembre 64. Or (si nous nous en reportons à la déclaration de M. Jacques Desjardins, faite au Lac-Jean) au moment du congrès, il y aurait eu déjà trois mois que l'UGEQ comptait dans ses rangs 55,000 étudiants. Alors, comment se fait-il que ce congrès fut un « congrès sans étudiants » ? Faut-il chercher la réponse dans la pluie et le beau temps ? Non.
Au cours de nos tournées à travers la province de Québec, nous nous sommes entretenus avec un assez grand nombre d'étudiants et d'étudiantes. Et nous nous sommes rendus compte que, spécialement, les présidents et les présidentes des diverses Associations Générales d'Etudiants de Collèges Classiques (AGE) étaient très mécontents du rôle joué par leur Fédération, la FAGECQ (Fédération des Associations Générales des Etudiants des Collèges Classiques du Québec), dans le recrutement de l’UGEQ, et surtout ils étaient choqués, sinon révoltés, par la façon dont ce recrutement avait été fait.
La FAGECQ reçoit un dollar par année, par étudiant, des diverses Associations Générales. Lorsque l'UGEQ fut fondée, la FAGECQ, pour assurer un recrutement à ce "syndicat" sans syndiqués, a prélevé globalement, sur les cotisations qu'elle reçoit des diverses AGE, le montant déterminé par les "fondateurs" de l'UGEQ pour adhérer à leur organisme. La FAGECQ constituait ainsi, ipso facto, membres de l'UGEQ tous les adhérents des Associations Générales de Collèges Classiques, et cela sans consultation préalable avec les présidents ou présidentes de ces associations; elle se contenta, plus tard, de les mettre devant le fait accompli. Tout porte à croire, en ce qui regarde les étudiants des écoles normales et des écoles techniques, qu'ils ont été incorporés à l'UGEQ par le même procédé de leurs Fédérations respectives.
Ce procédé explique le recrutement rapide de l'UGEQ. Ce procédé explique aussi l'absence générale des étudiants du Québec an congrès de l'Union Générale des Etudiants du Québec. Le procédé est efficace, nul doute : il est même totalitaire. Grâce à lui, M. Desjardins pouvait dire à la presse : « L'UGEQ a déjà un mois après sa fondation 55,000 membres. » Mis devant le fait accompli, les étudiants des Associations Générales des divers Collèges Classiques sont en instance de briser, ou ont déjà brisé tout lien avec ce "syndicat" d'une espèce étrange sinon étrangère.
L'UGEQ ne compte déjà Plus 55,000 membres, onze mois après sa fondation : elle en compte moins.
Une déclaration toute récent de M. Pierre Fortin, le secrétaire aux affaires universitaires de la PEN (Presse Etudiante Na tionale), à propos du journal que l'UGEQ projette de lancer, vient encore confirmer tout ce que nous venons de dire. Le DEVOIR rapporte ainsi la déclaration deM. Pierre Fortin:
«Selon M. Fortin, qui note la "tendance TRÈS A GAUCHE qui se manifeste à l'UGEQ", "l'EXÉCUTIF de l'Union Générale des Etudiants du Québec considère trop les étudiants du Québec comme des éléments politisables plutôt que comme des individus qui doivent prendre conscience de leur qualité d'étudiants".»
Onze mois après la fondation de l'UGEQ, l'exécutif de cet organisme n'a pas changé ses visées politiques ni ses procédés de monopolisation des libertés étudiantes pour le compte de l'idéologie révolutionnaire. La déclaration récente de M. Pierre Fortin en fait foi.
LE JOURNAL DE L'UGEQ
Pour ce qui est du caractère véritable du journal que l'UGEQ doit lancer, le secrétaire aux affaires universitaires de la PEN dit ceci:
«L'UGEQ veut donner un caractère révolutionnaire à son journal étudiant. Nous avons la certitude qu'on veut en faire un autre "Quartier-Latin". On a même approché l'ancien directeur du "Quartier-Latin", M. Serge Maynard, pour le diriger. Ces gars-là font une erreutr monumentale s'ils s'imaginent que le public étudiant à travers le Québec est en mesure d'accueillir une publication étudiante révolutionnaire. Les étudiants ne sont pas réactionnaires mais ils sont loin d'être révolutionnaires. Il ne faut pas se faire d'illusions. Sans compter que les maisons d'enseignement refuseront carrément qu’un tel journal entre dans leurs murs.»
Les remarques de M. Fortin mettent bien en lumière le but pour lequel l'UGEQ a été fondée.
LES REVENDICATIONS RÉELLES DE L'UGEQ
Puisque nous nous sommes bornés à rapporter les faits jusqu'ici, laissant à nos lecteurs le soin de se faire une opinion, le mieux est de conclure par des faits.
Un problème immédiat se pose pour l'UGEQ : trouver un fonds de soutien. Le journal de l'Université Laval, dans son numéro du 11 février 65, rapporte la chose en ces termes :
«Il ne faut pas se surprendre si, à ses débuts, l'UGEQ n'est pas tellement revendicatrice. Avec le budget ridicule qu'elle possède, l'UGEQ ne peut faire de miracles. Mais l'UGEQ travaille afin d'obtenir des moyens financiers nécessaires : une campagne de souscription est en cours avec l'aide de la CSN, de la FTQ et de quelques industriels.»
D'où le dilemme exposé par Michael McAndrew en page 27 de la revue marxiste Parti-Pris de février 65:
«D'une part, au point de vue IDÉOLOGIQUE les étudiants ("Les étudiants": on sait ce que cache ce collectif: le "très à gauche" exécutif de l'UGEQ) ont des revendications radicales et bien formulées et savent généralement quels sont leurs buts.»
Un peu plus haut, dans le même article, M. McAndrew précisait la nature des revendications idéologiques de ceux qui se couvrent du nom d'étudiants (mais qui considèrent ces derniers comme des éléments politisables):
«Si on analyse ces demandes on se rend compte qu'elles sont irréconciliables avec l'ordre établi, qu'elles ne peuvent cadrer dans les structures de la société québécoise actuelle. » (page 23)
Et M. McAndrew poursuit, en page 27:
«D'autre part, du point de vue pratique, les étudiants (sic) sont limités par des contingences et leur action doit s'inscrire dans le contexte même qu'ils rejettent dans leurs revendications. (...)
«Se devant de concilier ces deux champs d'activité, le syndicalisme étudiant (l'UGEQ) ,ne peut se permettre d'hésiter longtemps à la croisée des chemins. Quitte à voir son attitude taxée de "contradictoire", le Mouvement étudiant (l'UGEQ) devra continuer à la fois ses revendications globales et son action concrète pratique. LA CONTRADICTION N'EST NÉFASTE QUE SI ELLE EST INCONSCIENTE. Lorsqu'elle est inévitable on se doit de l'accepter.
«Il est donc, finalement, fondamentalement logique que les deux champs d'activité (qui peuvent être considérés comme thèse et antithèse) y soient d'une certaine façon simultanément niés et affirmés.»
On a reconnu dans la prose de M. McAndrew l'application de la "thèse et de l'antithèse" ou de la "loi de la contradiction" si chère aux révolutionnaires communistes, Marx, Lénine, Mao Tsé-Toung, etc. Aucun doute qu'il ne s'agisse là d'une pensée communiste. Mao Tsé-Toung écrivait à ce sujet:
«La loi de la contradiction... est la loi fondamentale de la dialectique matérialistes.»
Et Lénine :
«La dialectique communiste est l'étude de la contradiction.»
Or, récemment nous lisions ce communiqué de presse émis par la Fédération des Commissions scolaires Catholiques du Québec:
«Pour donner suite à une récente rencontre avec les dirigeants de l'Union Générale des Etudiants du Québec (l'UGEQ), les administrateurs de la Fédération des Commissions scolaires Catholiques du Québec, ont accepté de venir en aide aux étudiants de l’UGEQ dans la campagne financière qu'ils poursuivent actuellement.
«Dans un communiqué émanant du secrétariat de la Fédération des Commissions scolaires Catholiques du Québec, on annonce que le projet des étudiants sera soumis aux responsables des Commissions scolaires régionales qui tiendront leur prochaine colloque le 17 juillet.
«Monsieur Lévis Sauvé, président général de la Fédération des Commissions scolaires Catholiques du Québec a été nommé l'un des patrons d'honneur de cette campagne étudiante, dite campagne "Fonds de soutien : UGEQ". L'objectif de cette campagne est de $50,000.00.»
Que se passe-t-il chez les administrateurs de la Fédération des Commissions scolaires CATHOLIQUES du Québec ? Que se passe-t-il au secrétariat des Fédérations des Commissions scolaires CATHOLIQUES du Québec ? Pourquoi M. Lévis Sauvé, Président de la Fédération des Commissions scolaires CATHOLIQUES du Québec, a-t-il accepté d'être l'un des patrons d'honneur de la campagne du "Fonds de soutien: UGEQ"?
Nous posons la question.
Nous voulons croire qu'ils ont tous été trompés par la duplicité du jeu consciemment contradictoire de l'UGEQ, et qu'ils croyaient vraiment venir en aide aux étudiants du Québec en aidant l'UGEQ. Mais c'est un fait prouvé : l'UGEQ ne représente pas les étudiants catholiques du Québec. L'UGEQ n'est pas catholique. L'UGEQ "considère les étudiants du Québec comme des éléments politisables" aptes à servir leurs buts “irréconciliables avec l'ordre établi”, buts qui " ne peuvent cadrer dans les structures de la société québécoise actuelle". L'UGEQ est une société de pensée "très à gauche" et qui ne "fait appel qu'à la gauche" dès son premier congrès,à des gens de Parti-Pris, de Révolution Québécoise, de Socialisme 65, etc. : l'UGEQ dont le président, M. Jacques Desjardins, est un participant du CAUCUS DE GAUCHE, à côté de Jean-Marc Piotte de Parti-Pris, de Pierre Vallières de Révolution Québécoise, d'André d'Allemagne du RIN et de Marc Boulard du NPD. Et il faut se souvenir que 1e CAUCUS DE GAUCHE lui-même entre dans la composition de ce “Comité de Coordination des mouvements de Gauche", comité qui se réunit tous les mois et qui compte parmi ses adhérents le PARTI COMMUNISTE CANADIEN.
Cette dernière partie de notre article a pu avoir l'air d'une digression. En réalité, ces derniers faits nous permettent de conclure qu'au nom d'un ordre social naturel et chrétien, on ne doit pas permettre à ceux qui ont fondé l'UGEQ d'utiliser la jeunesse québécoise à leurs fins. Au contraire, c'est la tâche de tous les catholiques, laïcs ou clercs, jeunes et vieux, professionnels, ouvriers ou étudiants, de combattre ensemble l'UNION GENERALE DES ETUDIANTS DU QUEBEC, et de promouvoir par le fait même une réforme sociale qui visera d'abord à guérir notre société de toutes ces maladies révolutionnaires qui nous viennent de l'étranger. C'est la tâche la plus urgente de notre peuple!
Notes:1. Ils organisaient ces élèves en cellules secrètes dans chaque classe et leur proposaient un but absolument irréprochable à première vue: le BIEN du collège.
ANNEXES:
Annexe 1Tous à la Macaza le 1er Octobre
L’Union Générale des Étudiants du Québec et surtout l’Union for Peace Action organisent une manifestation contre la base nucléaire américaine à La Macaza, près de Mont-Laurier, pour la fin de semaine du 1er octobre.
Presque tous le mouvements pacifistes canadiens, et quelques-uns des États-Unis, y participeront; les organisateurs s’attendent à la présence d’environ 5,000 personnes.
Cette manifestation vise les buts suivants: le retrait du Québec et du Canada de la guerre froide; la récupération des sommes consacrées à l’armement afin de les faire servir à des fins pacifistes, entre autres à l’éducation gratuite et au développement économique; le droit des peuples du Québec et du Canada de participer démocratiquement aux décisions du gouvernement en politique extérieure.
Pour de plus amples renseignements concernant la manifestation: PROJET LA MACAZA, 3510 rue Ste-Famille, Montréal, Québec.------------Annexe 2CONGRÈS DU PARTI COMMUNISME REMIS À PLUS TARD
Ce congrès qui devait avoir lieu du 1er au 3 octobre, dans le but de fonder le Parti Communiste du Québec, en tant qu’organisme distinct, ainsi que d’adopter un manifeste et une constitution, a été remis à la fin de semaine suivante, soit du 8 au 10 octobre inclusivement (et peut-être le 11). Et, s’il y a des élections au fédéral, peut-être que ces dates devront être encore changées.
Tel qu’il a déjà été annoncé, tous les membres en règle à la date du 17 septembre 1965 auront le droit de siéger comme délégués avec voix et votes.
LE PARTI COMMUNISTE CANADIEN-----Nous reproduisons ci-dessus l'appel paru dans le COMBAT (journal du Parti Communiste canadien) sur la démonstration à La Macaza le 1er octobre. Cette démonstration devait avoir lieu le 25 octobre mais on a décidé que la date du premier octobre sera symbolique avec l'anniversaire de la révolution bolchevique d’octobre 1917. Aussi la convention du nouveau PARTI COMMUNISTE DU QUÉBEC qui devait avoir lieu du 1er au 4 octobre a été remise à plus tard afin de fournir l'occasion à tous les jeunes de ce rendre à la Macaza pour le 1er octobre. L'OPÉRATION LA MACAZA sera probablement une véritable émeute - fruit des mois de préparation dans les camps d'entraînement des querrileros.
C'est l'UGEO (Union Générale des Etudiants eu Québec) et le Student Union for Peace Action qui sont les principaux organisateurs de cette manifestation contre la base nucléaire américaine.
Certains vont encore dire que nous "voyons des communistes partout", mais devant tout ce qui se passe de plus en plus ouvertement, Il est clair que certains ont des yeux pour ne pas voir. L'heure du réveil est arrivé. Etudiants du Québec réagissez et ne vous laissez pas embarquer dans des mouvements qui ne représentent pas la jeunesse étudiante mais veulent au contraire SE SERVIR de cette jeunesse.
Annexe 3Infiltration dans les écoles
par Léo-Paul Bourrassa S.J.(Extrait de "Tactiques Communistes contre l'Église".)
Bien avant l'établissement du régime communiste en Chine, des jeunes gens ou des jeunes filles spécialement entraînés s’infiltrèrent dans les écoles, collèges, universités catholiques du pays. Leur mission était de grouper autour d'eux un certain nombre d'élèves (1), d'acquérir prestige et influence, de lancer des mouvements dans l'école. Obéissant aux directives reçues, ils sont très prudents et savent très bien dissimuler leur jeu. Ils se gardent absolument de toute propagande ouvertement communiste, ne fomentent aucun désordre... Cela viendra plus tard. Non ! Ce sont vraiment des élèves modèles. Les professeurs remarquent qu'ils sont brillants et réussissent fort bien aux examens sans donner l'impression d'avoir travaillé beaucoup. Ils sont toujours prêts à aider leurs camarades dans leurs difficultés, dévoués lorsqu'il s'agit de corvées ou d’activités spéciales, respectueux de l'autorité et toujours les premiers à s'offrir pour rendre quelque service, si bien qu'ils ne tardent pas à se gagner la confiance, et des élèves, et de la direction. Aussi finissent-ils par être mis à la tête de leur section.
Elèves modèles embarrassants.
C'est alors qu'ils deviennent peu à peu et de plus en plus embarrassants en se faisant les champions des "bonnes causes". Tel professeur n'a pas la compétence qu'il faut, il serait bon de le changer : suivent des pétitions, des démonstrations. Le préfet de discipline est compétent, mais trop rude de manières... il doit disparaître. Si les autorités de l'école n'agissent pas, elles sentent un malaise chez les étudiants et un beau jour elles seront aux prises avec une GRÈVE admirablement organisée, préparée par une vingtaine d'élèves qui auront TOUT prévu.
En face de ces faits, quelle est l'attitude des autres élèves ? En général, ils suivent. Après tout, se disent-ils, les réformes demandées sont justifiées, jusqu'à un certain point. Les autorités elles-mêmes sont décontenancées : comment peut-il se faire que tel ou tel soit ainsi responsable de ces désordre ? « Ce sont nos meilleurs élèves ! » La situation est devenue extrêmement difficile. Ne pas céder ? Les élèves ont raison dans une certaine mesure, et surtout ils semblent prêts à tout. Céder ?... Mais alors l'autorité en pâtira et une première concession ne fera que rendre les meneurs plus audacieux. On finira par s'entendre sur un compromis... qui laisse le temps de respirer jusqu'à la prochaine explosion.
Les communistes ont alors atteint leur but : ils ont paralysé plus ou moins le fonctionnement d'une institution catholique ; ils ont jeté le discrédit sur les autorités ; ils ont semé la dissension, créé le désordre ; ils ont surtout montré ce dont ils étaient capables et fait régner un sentiment de crainte.
Il aurait fallu prévenir cette infiltration, mais comment ? Mais il est pratiquement impossible de le faire car on ne s'en rend compte qu'après coup, et souvent quand il est trop tard.
 
-------------------------2L’UGEQ, MOSCOU ET CUBA
M. Slava Zharkov, représentant du Conseil des étudiants de l'Union soviétique et président du conseil étudiant de l'Université de Moscou, vient d'assister au Congrès de l'UGEQ (l’Union Général des Etudiants du Québec) à l'Université Laval de Québec. On remarquait aussi à ce congrès de l'UGEQ deux délégués de Cuba. M. Francisco Dorticos et M. Dennis Altaman. Invités à prendre la parole à la fin du Congrès de l'UGEQ, deux Cubains se sont déclarés heureux des inquiétudes et des objectifs de coopération internationale manifestés par l'UGEQ. « L’Union Internationale des Etudiants qui soutient la LUTTE contre le colonialisme sous toutes ses formes sera heureuse de travailler aux côtés des étudiants du Québec. » (“L'Union internationale des Etudiants" auquel s'est affiliée l'UGEQ - Union Générale des Etudiants du Québec - est un organisme OFFICIELLEMENT communiste.)
Il y a quelques mois, la propre soeur de Fidel Castro causait une sensation dans le monde libre en déclarant à la presse : « Je ne veux plus demeurer indifférente à tout ce qui arrive dans mon pays. Mes frères, Fidel et Raul ont fait de Cuba une énorme prison entourée d'eau. Le peuple cubain est cloué à une croix imposée par le communisme international. »
Il est assez révélateur de lire dans le journal des étudiants de l'Université de Montréal "Quartier-Latin" du 4 nov. 1965 - un article intitulé « APPUI moral des étudiants de Cuba ». Voici un extrait de cet article :
« L’Union -Générale des Etudiants du Québec (l’UGEQ) a salué avec enthousiasme la présence à son Congrès de M. Francisco Dorticos, vice-président des étudiants universitaires de Cuba (UIE) ainsi que celle de M. Dennis Altaman, représentant des étudiants australiens affiliés à la CIE.
« Dans une conférence de presse, M. Dorticos a communiqué quelques informations concernant l’organisation sociale de Cuba. "Il n'existe pas de problèmes sociaux actuellement à Cuba, a-t-il déclaré. J'entends par là qu'il n'y a rien qui puisse nuire gravement au développement de la société." »
A l'heure où des milliers de Cubains quittent l’île de Castro et souffrent pour la liberté, il est plus que surprenant de voir au Congrès de l'UGEQ deux étudiants révolutionnaires cubains prêcher la collaboration internationale et la lutte contre le colonialisme aux jeunes délégués de l'Union Générale des Etudiants du Québec.
Voilà le genre de propagande marxiste qu'on a servi à plusieurs de nos étudiants québécois lors du dernier Congrès de l'UGEQ à l'Université Laval. Il est temps plus que jamais que les étudiants catholiques se désolidarisent complètement de cette association à but politique qu'est l’Union Générale des Etudiants du Québec.
3L’UGEQ SUIT SERVILEMENT LA POLITIQUE COMMUNISTE MONDIALE
Dans le journal du Parti communiste canadien "Combat" de septembre 1965, nous pouvions lire que « l’Union Générale des Étudiants du Québec et Students for Peace Action organisaient une manifestation contre la base nucléaire américaine à la Macaza, près de Mont-Laurier... »
Quelques mois plus tard, M. Slava Zharkov, représentant du Conseil des étudiants de l'Union soviétique et président du conseille étudiant de l'Université de Moscou, vint assister au Congrès de l’UGEQ à l’Université Laval. On remarquait aussi à ce congrès de l’UGEQ deux délégués de Cuba. invités à prendre la parole à la fin du Congres, les deux Cubains se sont déclarés heureux des objectifs de coopération internationale manifestés par l’UGEQ.
Et dans "La Presse" du lundi 31 janvier intitulé : Manifestation en faveur de la paix au Vietnam. Nous apprenons qu'une trentaine d'organisations de gauche (dont "Les Jeunesses communistes" et le "Parti communiste canadien") se proposent d'organiser une manifestation de masse et une marche sur le consulat américain. A la fin de l’article on nous apprend que « Les organisateurs principaux du Comité sont M. Daniel Latouche vice-président de l'UGEQ, et Ted Sloan de Montreal Peace Council ».
Enfin nous apprenons de bonne source qu’une manifestation de masse se prépare contre le secrétaire à la défense des Etats-Unis le 15 mai. Et dans le Comité qui prépare cette manifestation anti-américaine nous trouvons encore une fois Daniel Latouche de l'UGEQ accompagné de M. Renaldo de la Ligue des jeunesses communistes du Québec.
Tout ceci se passe de commentaires. L'UGEQ n'a jamais protesté contre le mur de Berlin et contre le colonialisme soviétique et chinois, elle n'a jamais protesté contre la politique de la Russie et de la Chine. Depuis ses débuts l’Union Générale des Étudiants du Québec a suivi et servilement et pas à pas la politique communiste mondiale.
Il est temps que les étudiants québécois qui croient encore à la liberté de pensée au Québec s’éveillent et réagissent.

Carol Tremblay 09/01/2009 18:16


Cher Stéphane,
Je me contente de perdre des kilos et de montrer qui sont les pékisss en réalité. Ces quelques liens devraient aider le débat. Mais les bons marxistes ont oubliés quelque faits et gestes de l’UGEQ. Je vais les publier dans ton blogue, avec ta permission.
 
Qui est cette étudiante?
http://archives.radio_canada.ca/politique/partis_chefs_politiques/clips/14822/
http://patwhite.com/node/3753

Entrevue avec Louise Harel sur la Révolution tranquille (1990)
 
http://internationaliste.blogue.ca/20503/Le+PQ,+le+mouvement+%E9tudiant+et+les+frais+de+scolarit%E9.html
L'internationaliste
· 25 mars 2007 _ Le PQ, le mouvement étudiant et les frais de scolarité
(Publié dans Résistance! no 40, mars 2007)
 

http://pages.usherbrooke.ca/lucienne_cnockaert/index.php?id=70

Le sens de la révolte des années '6
http://cjournal.concordia.ca/archives/20081120/talkin_bout_a_revolution_1968.php
http://www.parl.gc.ca/Infoparl/francais/issue.htm?param=83&art=258
Nouvelle présidente de l'Assemblée nationale
http://www.massecritique.org/articles/ce_que_le_pass_fait_de_nous
Ce que le passé fait de nous

http://pabsta.qc.ca/fr/node/265

 
http://www.asse_solidarite.qc.ca/documents/fr/recherches_analyses/Six%20gr%E8ves%20g%E9n%E9rales.pdf

http://www.bloc.org/fr/le_chef.asp

 
vice-président de l’’Union générale des étudiants et étudiantes du Québec (UGEQ) en 1968
 
 
 
 

Carol Tremblay 09/01/2009 17:02

Cher Monsieur Lanchance,
Du point de vue valeur de débat, disqualifier un document parce qu’il est copié-collé, comme vous dites, n’a aucune valeur logique. Pis encore, cela démontre nettement que vous êtes incapable de défendre votre point de vue par des arguments solides. Par contre, vous êtes utile. Vous servez à démontrer à quel point le lavement de cerveau est efficace et qu’il permet de garder un individu dans l’ignorance toute sa vie, lui donnant l’impression de tout savoir, mais surtout d’avoir raison, dans une contemplation béate.
Mais pour vous faire plaisir et aussi pour démontrer comment les marxistes ont réussi à créer une génération d’ignares faciles à manipuler, je vous offre gracieusement ce document qui lui a été vraiment écrit par un marxiste.
Vous devez cependant le lire très lentement, car l’auteur l’a écrit très lentement pour ne pas mêler ceux à qui il s’adresse. Faites attention au lombago des yeux et du cerveau, car il y a 20 pages avec plein de mots nouveaux.
http://www.pcr-rcp.ca/pdf/document-MER.pdf
Avant propos
Comme le souligne le manifeste du parti communiste «les communistes ne s’abaissent pas à dissimuler leurs opinions et leurs projets». Il n’en procède pas autrement pour cette brochure que nous soumettons aux débats et à la critique.
Comment en finir avec le système capitaliste? Comment en finir avec ce système d’exploitation et d’oppression? Comment en finir avec la bourgeoisie aujourd’hui si puissante et son État «moderne», réel centre de direction des besoins du capital? C’est par un travail soutenu, mais pas n’importe quel travail, un travail révolutionnaire que nous parviendrons à accumuler assez de forces et à en faire perdre encore plus à la bourgeoisie pour renverser le rapport de force qui est présentement défavorable au prolétariat exploité avec comme perspective la transformation radicale de la société, la révolution.
Pas plus ici qu’ailleurs, les jeunes du prolétariat qui représentent la majorité de la jeunesse ne peuvent longtemps encore mener une politique qui ne soit d’abord l’expression de leurs intérêts. Contrairement aux éléments de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie qui dominent dans le mouvement étudiant et pour lesquelles le rapport à la politique ne s’inscrit que dans les limites du système capitaliste, les jeunes prolétaires doivent au contraire mettre de l’avant comme seule réponse adéquate aux nécessités historiques auxquels ils sont confrontées l’abolition de ce même système et par le fait même mettre en oeuvre dès aujourd’hui les pratiques qui prépareront et permettront ce renversement.
La présente brochure rédigée par des militants et militantes présente les idées du mouvement étudiant révolutionnaire–parti communiste révolutionnaire (MER-PCR). On y retrouve des éléments d’histoire, une analyse sommaire de la conjoncture actuelle au Canada, une analyse du mouvement étudiant de même qu’un certain nombre de perspectives que le MER-PCR met de l’avant dans le mouvement étudiant.
Le mouvement étudiant au Québec des années 1960: des réformes libérales au marxisme-léninisme, en passant par l’indépendance nationale
Dans l’histoire du mouvement étudiant au Québec, on parle peu des idéologies politiques l’ayant traversées et influencées. On s’arrête le plus souvent aux revendications, aux luttes et aux associations. Pourtant, la lutte des classes et les idées politiques vont influencer directement le mouvement étudiant.
Le période de Guerre froide qui suit la deuxième guerre mondiale est une période de tension permanente qui se traduit par des conflits superposés et des crises majeures (Guerre de Corée, Blocus de Berlin, crise des missiles de Cuba, Guerre du Vietnam, etc.). Dans les pays impérialistes, la jeunesse grandit dans un climat de prospérité économique, mais doit aussi faire composer avec les tensions politiques qui traversent le monde. La contestation de l’impérialisme soviétique et de l’impérialisme américain se fait partout sentir. En Europe de l’Est la remise en question de l’impérialisme soviétique prend des formes radicales; révolte en Hongrie (1956), révolte du mouvement ouvrier et étudiant polonais (1950 et 1960), printemps de Prague (1968). Les pays occidentaux ne sont pas en reste, de puissants mouvements anti-guerre se forment contestent les politiques de l’impérialisme en Europe et en Amérique. Dans le tiers-monde c’est la montée du mouvement de libération des peuples. Partout sur la planète, les années 60 seront des années de luttes importantes qui quelques fois menaceront l’ordre capitaliste mondial.
En Chine, la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne commencée en 1966 influence aussi les étudiant-es. Que ce soit par le rôle qui y joue la jeunesse ou que ce soit pas les expériences pratiques qui sont menées par les masses. Les «médecins aux pieds nus» qui vont soigner le peuple dans les campagnes, la lutte contre les différentes manifestations du sexisme, la lutte pour réduire les privilèges et contre la division entre travail intellectuel et travail manuel, l’effervescence au niveau des idées et de la culture, tout ça est connu des étudiant-es politisé-e-s. On s’intéresse dorénavant aux classiques révolutionnaires, on lit Marx, Lénine et Mao.
En France, le mouvement de contestation prend une telle ampleur que lors du mois de mai 1968 tout l’ordre social français est bousculé, menacé de tomber lorsque la lutte étudiante rejoint la lutte ouvrière. Le maoïsme fait son apparition en France au début des années 1960 dans le cadre du grand débat idéologique entre l’URSS et la Chine de Mao Zedong sur le révisionnisme moderne. La jeunesse française prend partie pour les thèses chinoises et est amenée à critiquer avec justesse le révisionnisme moderne qui s’incarne en France par le PCF (parti communiste français).
Les militants et militantes qui soutiennent les thèses chinoises quittent le PCF pour aller former en 1965 le Parti communiste marxiste-léniniste de France (PCMLF). D’autres iront former l’UJC-ML (Union des Jeunesses communistes marxiste-léniniste) d’inspiration maoïste et qui est la scission des jeunesses communistes du PCF. Très présentes sur les campus, l’UJC-ML et le PCMLF vont jouer un rôle significatif dans le mouvement de Mai 1968 dans ses prises de position contre le PCF, les sociaux-démocrates et pour l’union dans l’action entre les étudiant-es et les prolétaires. À la fin de 1967, les CAL (Comités d’Action Lycéens) se forment pour organiser des manifestations contre la guerre du Vietnam.
Il n’y a pas seulement en France ou cela chauffe, les contestations étudiantes touchent tout l’Occident et même le Japon. En 1966, les étudiants anglais et les étudiantes anglaises luttent contre la hausse des frais universitaires et contre la guerre du Vietnam tandis que l’IRA (Irish Republican Army) reçoit de nombreux appuis de la part de la Nouvelle Gauche anglaise.
En Italie, on assiste à de violentes grèves ouvrières au cours des années 1960. En 1968, un important mouvement d’occupation des universités touche plus de la moitié d’entre elles. D’importants mouvements d’extrême gauche se forment pendant cette période de tumulte social.
En Allemagne, dans la foulée du Mai 68 français, la SDS (Union allemande des Étudiants Socialistes) s’active et se radicalise. De violentes occupations d’universités, des manifestations anti-guerre et contre la réduction des droits civils seront menées en 1966, 1967 et 1968.
Charles Gagnon à propos de la fin des années 1960: Agitation, spontanéisme, désorganisation, etc., on ne va nulle part avec ça. On fait beaucoup de vent, des courants d’air mais, dès que le pouvoir décide de nous démolir, il le fait. Aussi faut-il une organisation politique beaucoup mieux structurée et implantée, c’est cette idée qui va faire son chemin.
Aux États-Unis, les années 1960 ont été à bien des égards très contestataires. La création de la SNCC (Student Nonviolent Coordinating Committee) en 1960 contre ’intervention de l’armée américaine dans le monde s’est transformée dans les années suivantes en lutte ouverte contre la guerre du Vietnam. Le SDS (Students for a Democratic Society) formé en 1962 combiné au FSM (Free Speech Mouvement) de Berkeley en Californie va prendre des proportions importantes en luttant pour la démocratisation des écoles et de la société. On assiste à plusieurs importantes manifestations et à des occupations d’universités notamment en 1967 et en 1968. La lutte que mène les afros-américain-e-s prend aussi de l’ampleur et tend à rejoindre la lutte et les perspectives prolétariennes notamment avec le Black Panther Party crée en 1966.
Les années 60 au Québec
Au Québec, les conflits de travail augmentent, les manifestations violentes de masse se multiplient et s’intensifient à la fin des années 1960. Un exemple parmi d’autres: à Windsor, petite ville ouvrière près de Sherbrooke, se déclenche une grève à l’automne 1968 au cours de laquelle les prolétaires occupent les usines Domtar Pulp Paper de Windsor et d’East Angus et prennent les armes pour déloger la police provinciale et les gardes privés de la compagnie.
La transition vers les idées socialistes s’effectue graduellement au cours des années 1960. La jeunesse d’après-guerre et la classe ouvrière ayant d’ailleurs appris des grandes grèves ouvrières comme à Valleyfield en 1946, Asbestos en 1949, Murdochville en 1957 et de multiples autres. Ces forces ayant acquis une expérience de lutte très importante contre le régime Duplessis, le clergé et le patronat et va se poser la question de créer une organisation politique défendant les intérêts de la classe ouvrière. Cependant, les forces du moment n’étaient pas encore conscientes du type d’organisation nécessaire.
Des tentatives seront tout de même lancées et on verra apparaître des courants plus radicaux, se réclamant de l’indépendance nationale et une plus grande justice sociale comme le RIN (1960) et le Parti socialiste du Québec (1963) fondé par des syndicalistes et des intellectuel-les.
On observe cette transition avec la mise sur pied des éditions de Parti Pris en 1963 qui se répandent non seulement en milieu étudiant, mais aussi dans les usines et dans les comités de citoyens des quartiers populaires, spécialement à Montréal. Plus marxisant que marxiste, Parti Pris amène le fameux mot d’ordre «Socialisme et Indépendance». Des revues circulent comme Socialisme crée en 1964 par des intellectuel-les de l’Université de Montréal et la revue Révolution québécoise crée en 1964 par Charles Gagnon et Pierre Vallières, eux-mêmes des exemples de cette radicalisation des années 1960.
L’absence d’idées précises sur la stratégie révolutionnaire à adopter et l’inexpérience de nombreux militants étudiants et de nombreuses militantes étudiantes marquent aussi le mouvement étudiant. On milite pour des revendications immédiates tout en étant en faveur du socialisme et de l’indépendance. On adhère à l’’UGEQ (qui est fondée en 1964 pour défendre les intérêts étudiants), mais plusieurs voient ses limites empreintes de réformismes et de corporatismes; certains et certaines veulent s’appuyer sur la classe ouvrière et aller du côté politique pour transformer la société alors que pour d’autres, la démarche politique s’oriente d’abord avec la social-démocratie, les élections et les réformes en voulant lier le mouvement étudiant avec les mouvements syndicaux et populaires pour gagner des sièges socialistes et continuer la lutte dans la rue. D’autres sympathisent avec la lutte révolutionnaire et les actions clandestines comme celles du FLQ fondé en 1963 et qui s’identifie à la grande mouvance de libération nationale comme à Cuba, en Algérie et au Viêt-Nam.
L’arrivée au pouvoir de l’équipe du tonnerre du Parti libéral de Jean Lesage reflète la chute des élites traditionnelles, notamment le clergé, et la montée du libéralisme politique teinté de réformisme nationaliste. Le capitalisme doit se moderniser au Québec, la bourgeoisie francophone en ascension à besoin d’un État national comme levier de développement. Évidemment, pour obtenir le soutien du prolétariat canadien-français, la bourgeoisie devait faire l’espoir du changement et de réformes, dans ce cas là on n’a qu’à penser aux fameux slogans «Il faut que ça change» de 1960 et celui de «Maîtres chez nous» en 1962 qui illustrent cette stratégie pour séduire le peuple.
La Guerre du Vietnam jouera un rôle important dans la politisation de la jeunesse. Les groupes étudiants amenés sur le terrain de la mobilisation contre la guerre au Vietnam dans les 2 ou 3 années qui vont précéder 1968 acquièrent une expérience de lutte et une politisation révolutionnaire et internationaliste. Au Québec, l’UGEQ organise le 23 mars 1965 une manifestation devant l’ambassade US où 6 000 personnes se présentent pour manifester contre la Guerre du Vietnam et la ségrégation raciale aux États-Unis. Des comités de solidarité avec le Vietnam se forment sur plusieurs campus.
Dans ce contexte, le milieu étudiant connaît ne importante lutte durant l’automne 1968. On discute sur les campus de transformer la société québécoise, de lutter contre le colonialisme et l’impérialisme, de soutenir les luttes révolutionnaires dans le monde, en particulier les peuples vietnamiens et palestiniens et de créer des comités politiques dans les quartiers, de créer des liens avec les prolétaires.
Évidemment, les revendications officielles de l’UGEQ sont reliées à la démocratisation de l’éducation supérieure pour les masses, mais le mouvement n’est pas uniforme sur la portée de la lutte étudiante, cela va de la social-démocratie timide aux idées révolutionnaires. Plusieurs jeunes du mouvement étudiant du début des années 1960 (comme Bernard Landry) sont devenu-es gestionnaires de l’État-capitaliste et participent à la répression et l’encadrement de la révolte de 1968. La création du PQ en 1968 suscite des adhésions d’étudiant-es, mais aussi des questionnements quant à la véritable intention progressiste du PQ et son nationalisme au service de la bourgeoisie francophone.
La fin des années 1960 est donc marquée par une radicalisation continue du mouvement ouvrier et étudiant, radicalisation teintée de socialisme et de marxisme avec pour conséquence un durcissement du mouvement et une politisation accrue qui vont amener plusieurs étudiant-es à se tourner vers la révolution, vers le communisme. Ils seront nombreux et nombreuses à passer du radicalisme spontané à la nécessité de s’organiser politiquement pour la révolution, en se basant sur la théorie révolutionnaire.
La conjoncture actuelle
Chaque époque dans un processus historique, ici comme partout ailleurs, est ponctuée par des points tournants, des moments précis qui mettent les forces révolutionnaires devant de nouveaux problèmes, des questions incontournables qui exigent des réponses sans lesquelles le mouvement dans son entier ne peut progresser.
Nous vivons actuellement une période trouble dans les pays capitalistes développés, période qui trouve sa source dans la crise en développement du capitalisme qui s’est amorcée au milieu des années 70’ et qui s’amplifie d’année en année. Cette période se caractérise dans les pays impérialistes par une situation de crise économique larvée, par l’essoufflement des organisations plus combatives des masses, par une crise du réformisme, etc. Dans ce cadre chacun et chacune est appelée à réagir, et poser des actions qui permettront ou bien de sortir de cette période plus forts et fortes, ou bien d’en sortir plus faibles qu’auparavant.
La bourgeoisie canadienne a bien compris l’enjeu et s’est mise à l’offensive. La bourgeoisie doit agir au risque de perdre sa place dans l’échiquier mondial. Dans les conditions actuelles de crise du capitalisme et de récession elle doit s’aménager un espace favorisant l’atteinte du profit maximum et par conséquent de l‘exploitation maximum.
La bourgeoisie a asséné de terribles coups au prolétariat ces dernières années: au plan économique et social, des coupures, des fermetures d’usines, des relocalisations et des restructurations; au plan idéologique, c’est ’éducation bourgeoise et les mécanisme de sélections qui reproduisent les rapports sociaux bourgeois; au plan politique, c’est l'appareil d'État capitaliste qui renforce, contrôle, réprime et domine tous les aspects de la vie.
Pour y arriver, la bourgeoise a patiemment travaillé à récupérer, intégrer, les syndicats, organisations populaires et la jeunesse à ses projets. C’est ainsi que peu à peu, la irection petite-bourgeoise du mouvement populaire et l’aristocratie ouvrière, une partie du mouvement étudiant, leurs réseaux, leurs organisations, leurs journaux, ont été amenés à jouer le rôle de chiens de garde des intérêts du capitalisme. En utilisant leur position privilégiée ces forces contrôlent et dominent idéologiquement le prolétariat et s’assurent de briser toute velléité d’action révolutionnaire. L’indice de cette récupération peut se voir dans la chute drastique des conflits de travail alors que les lois spéciales et les lock-outs se multiplient. On peut aussi le voir à travers la dépendance financière des organisations face à l’État tout comme chez les fédérations étudiantes devenues de véritables clubs écoles des parti politiques bourgeois.
Mais pour terminer le travail, la bourgeoisie doit encore réussir à éliminer l’une après l’autre toutes les améliorations que le prolétariat a réussi à arracher aux cours des années. Pour atteindre ces objectifs, la bourgeoisie procède de différentes façons: coupures directes, modifications qui rendent inopérantes les mesures en faveur des masses prolétariennes ou bien en laissant pourrir les structures qui en assurent la gestion (les écoles, les hôpitaux, etc.)
On se retrouve ainsi dans la situation où, d’un côté de plus en plus de personnes seront amenées à lutter pour défendre les avancées sociales arrachées de hautes luttes, pour résister aux attaques de la bourgeoisie impérialiste et en viendront possiblement à menacer l’ordre social existant alors que de l’autre, les directions du mouvement ouvrier, populaire et étudiant au lieu de préparer les affrontements à venir rabattent les masses vers le réformisme, l’électoralisme, et toutes les autres alternatives politiques qu’offre le capitalisme pour se maintenir.
Il en découle que les syndicats, groupes populaires, associations étudiantes actuelles seront de plus en plus déchirées entre deux voies qui, de moins en moins, peuvent cohabiter et se mélanger: soit exister pour renverser le capitalisme soit exister pour le maintenir.
En l’absence d’une direction révolutionnaire pour le prolétariat, c’est l’orientation de collaboration de classe et le réformisme, qu’il soit modéré ou radical, qui s’expriment «naturellement» comme des représentations des intérêts généraux du prolétariat. Cette politique, ou devrions nous plutôt dire ces politiques, sont mises en oeuvre dans les organisations de défense de la classe ouvrière par les forces annexées par la bourgeoisie et par conséquent représentent les efforts de la bourgeoisie et ses alliés pour influencer et détourner le prolétariat de ses réels intérêts. À plus petite échelle on retrouve ces mêmes courants avec les mêmes objectifs dans le mouvement étudiant.
Cette réalité se constate dans notre façon d’affronter les problèmes majeurs produits par le capitalisme. Nous affrontons les attaques de la bourgeoisie sans être en mesure de réellement faire autre chose que de tenter de conserver certains acquis, sans jamais être capable d’en arracher de nouveaux. Cette façon d’affronter les capitalistes — en improvisant, en ordre dispersé, sans but réel, sans stratégie et sans tactique — n’est pas le fruit du hasard. Cette façon de lutter est le résultat pratique de l’incorporation pendant une longue période, des idées et des méthodes de luttes acceptées et contrôlées par la bourgeoisie dans nos luttes.
Dans la crise générale en cours le réformisme est une politique dépourvue de résultats favorables aux masses. La bourgeoisie impérialiste ne peut satisfaire même les intérêts particuliers des couches de la société qui lui sont pourtant gagnées et, le peu qu’elle est forcée de donner d’une main, elle le reprend avec l'autre. Bref, la période de crise qui s’est ouverte pour la bourgeoisie impérialiste n'est pas une période ou elle concède facilement des améliorations. Les prolétaires et les divers mouvements de lutte sont parfois en mesure d’arracher une concession, conserver un avantage mais seulement en mettant en branle des forces importantes dans de dures luttes. Et justement, pour répondre aux attaques de la bourgeoisie, nous devons être en mesure de favoriser l’émergence d’un mouvement combatif ayant l’ampleur requise.
Plus généralement, la conséquence immédiate de cette crise en développement, c’est le divorce de plus en plus grand entre les masses et le mouvement réformiste actuel qui, contrairement au mouvement réformiste de la période d’expansion du capitalisme, ne peut réussir à mettre en place les réformes qu’il propose. Ce divorce ce manifeste entre autres par la chute significative de la participation de la jeunesse aux élections bourgeoises. Certes, nous pouvons applaudir à cette régression du mouvement réformiste, mais cela ne doit pas nous faire oublier que plus la crise s’exacerbe et que plus les solutions proposées par les réformistes se révèlent inopérantes, plus la division objective en deux camps antagoniques (prolétariat et bourgeoisie) devient visible et plus les masses seront appelées à se mobiliser sous la direction d’un camp ou l’autre.
L’effet à long terme de la pénétration des idées bourgeoises assimilées par les mouvements de masse a été de remplacer les perspectives révolutionnaires par des perspectives réformistes qui dans les faits sont devenues "l'ordre naturel des choses" et ont été autant de facteurs qui ont immobilisés l’élargissement des luttes, c’est pourquoi libérer le mouvement est une question politique importante à laquelle la jeunesse révolutionnaire doit s'atteler.
La jeunesse et le capitalisme
On compte au Canada 4 400 000 jeunes de 15 à 24 ans. On peut dire que les deux tiers appartiennent au prolétariat. Passéés 19 ans, six jeunes sur dix ne sont plus aux études. Malgré cela, et en dépit du fait que le taux d’activités général dans la population a été ces dernières années élevé, le taux d’emploi des jeunes représentait en 2005 que 57’5%. C’est dire que la moitié des jeunes travailleurs et travailleuses gagnent moins de 9$ l’heure. À vrai dire, 45% de tous et toutes les jeunes qui ne sont plus aux études et qui travaillent à temps plein vivent en deçà du seuil de pauvreté.
De nos jours, être un jeune ou une jeune de moins de 25 ans signifie être plus instruit, gagner moins et être moins susceptible de trouver un emploi stable que les membres de la génération précédente.
Selon un rapport du Congrès du travail du Canada, les travailleurs de 15 à 24 ans gagnaient en 2005, 25 % de moins que ce que gagnaient les travailleurs et travailleuses du même groupe d’âge il y a une génération (en tenant compte de l’inflation).
Un jeune sur six au Canada est une personne issue d’une minorité, et 41 % d’entre eux et elles sont néés et ont étudié au Canada. Malgré une scolarité plus élevée que la moyenne, ce groupe en croissance continue de vivre avec de plus faibles taux d’emploi et des taux de chômage plus élevés que les autres jeunes. De même, les jeunes Autochtones font face à un taux de chômage largement supérieur à la moyenne
Durant la première moitié de 2005, le taux de chômage des jeunes a été en moyenne de 12,5 % (360 000 jeunes). Soit un peu plus du double du taux de chômage de la main-d’oeuvre de plus de 25 ans. Il est frappant de constater qu’aujourd’hui, un-e travailleur-travailleuse en chômage sur trois est jeune.
En plus de sous employé la jeunesse, le capitalisme à ces dernières années à principalement offert des emplois faiblement rémunérés et peu spécialisés dans le secteur privé des services. Aujourd’hui, ce sont ces emplois qui fournissent habituellement les «points d’entrée» sur le marché du travail aux jeunes adultes qui pour la plupart travaillent dans les secteurs caractérisés par de faibles salaires, peu ou pas d’avantages sociaux en matière de santé ou de retraite et un travail à temps partiel ou un horaire éclaté.
Plutôt que de rapidement améliorer leur situation, un grand nombre de jeunes, y compris ceux et celles qui sont très scolariséés, passent plusieurs années dans une série d’emplois faiblement rémunérés et peu spécialisés.
Les contradictions de classe au sein du mouvement étudiant
Contrairement aux syndicats ou aux groupes populaires auxquels elles s'identifient souvent, les associations étudiantes organisent un groupe social dont la composition de classe est particulièrement hétérogène. Toutes les classes y sont représentées, évidemment de manière disproportionnée par rapport à leur importance respective dans la société. Dans la minorité des jeunes adultes qui aboutiront à l'université, il n'est pas difficile de comprendre que la bourgeoisie est surreprésentée tandis que le prolétariat est sous représenté. C'est précisément un des facteurs qui expliquent la reproduction de ces deux classes, l'accaparement du savoir étant une condition nécessaire à l'occupation des positions de pouvoirs dans la société.
À cette réalité objective, ajoutons-en une autre, subjective celle-là, c'est-à-dire propre aux consciences des étudiants et étudiantes. Notre époque est une époque où les consciences de classe sont beaucoup moins aiguisées que dans d’autres périodes de l’histoire du capitalisme; elles sont mêmes particulièrement émoussées. La bourgeoisie exerce aujourd'hui une écrasante hégémonie idéologique sur l'ensemble de la société et ses représentations du monde évacuent ou plus précisément occultent la réalité des classes sociales. Selon elle, plutôtque d'entrer collectivement, en tant que membre d'un groupe, dans des rapports sociaux conflictuels de domination et d’exploitation, les gens ne sont que de purs individus dont on analyse les trajectoires en termes de réussites et d'échecs. Les repères collectifs s'estompent dans la conscience des prolétaires; subjectivement, on s'identifie moins qu’autrefois comme faisant partie d'une classe sociale et comme étant lié à son destin collectif. Ce phénomène est encore plus accentué parmi la population étudiante. L'université est perçue comme une passerelle pour s'insérer dans des rangsavantageux de la hiérarchie sociale. Plusieurs enfants de prolétaires y nourrissent de fortes aspirations d'ascension sociale et s'identifient plus volontiers à la bourgeoisie qu'à leur classe d'origine, dont ils et elles veulent s'extraire. Ils et elles ne rêvent pas d'émancipation, mais bien de promotion.
L'hétérogénéité de classes du mouvement étudiant et la forte attraction qu'y exerce la bourgeoisie en déterminent les limites objectives. C'est sans doute le principal facteur déterminant son réformisme. Il n'y a pas au sein du mouvement étudiant d'intérêt commun qu'on puisse traduire en un point d'unité politique fort. Il est condamné à osciller entre des intérêts divergents, contradictoires, sans pouvoir trancher. On peut y militer en s'appuyant sur ses éléments les plus populaires pour mettre de l'avant des points de vue plus progressistes – plus grande accessibilité, soutien financier, etc. –, mais il faudra toujours composer avec d'importants contingents bourgeois et petits-bourgeois qui interdiront d'entrer en rupture avec le capitalisme lui-même. La composition de classe du mouvement étudiant tel qu'il s'organise aujourd'hui (notamment en imitant le modèle ouvrier de la formule Rand) neutralise les volontés de démarcation idéologique forte. Il ne peut donc s'y jouer ouvertement qu'une lutte pour davantage de justice sociale sous le capitalisme, avec des accents plus ou moins radicaux selon les conjonctures, selon les «traditions» militantes implantées dans tel ou tel campus.
Cette réalité on peut la constater à grande échelle lors des affrontements majeurs du mouvement étudiant avec l’État par exemple lors de la grande grève étudiante de 2005 où les assemblées générales pouvaient à la foisprolonger la grève et voter du même coup des propositions condamnant les actions militantes i.e. les actions dites «violentes». À plus petite échelle, il est commun dans le mouvement étudiant de dire que telle association est plus à «gauche» et que telle autre est plus à «droite». Dans tous les cas, peu de personnes ont cherché à comprendre l’origine de ces réalités au delà des traditions militantes qui expliqueraient que des tudiants et étudiantes de certains cégeps et universités sont plus militants et militantes que d’autres. La tradition, c’est très mince comme référence et outil d’analyse.
Si ces remarques définissent certaines limites des associations étudiantes comme instrument de lutte, il ne faudrait pas croire que les militants et les militantes y sont pour autant condamné-e-s au réformisme. Toute la question est de savoir quelle vie politique se permet-on d’avoir au-delà du «syndicalisme étudiant»? Ou autrement dit, dans quelle mesure laisse-t-on le «syndicalisme étudiant» nous imposer ses limites?
Les limites du mouvement étudiant actuel
Pour beaucoup, la réalité politique s’appréhende essentiellement à travers des catégories telles que «gauche/droite», «radicaux/modérés». Catégories utiles, certes, mais qui offrent un portrait grossier, du moins très approximatif de la réalité. Elles sont essentiellement relatives, sans contenu ou orientation politiques précis; elles renvoient à des éléments changeant au gré des flux et reflux de la lutte des classes. Être à gauche, au Québec, en 2008, est-ce que ça signifie la même chose que dans la Russie de 1917, ou l’Espagne de 1936, la France de 1968? Et au fait, être à gauche de quoi?
Pour étayer un projet révolutionnaire, il faut s’armer d’une conception infiniment plus précise de la réalité sociale et politique. Il faut en fait s’appuyer sur une conception scientifique du monde. À cet effet, l’absence, ou la faiblesse de l’analyse de classe dans le mouvement étudiant est un sérieux obstacle à une pratique politique plus avancée, plus ambitieuse. Si on ne comprend pas le caractère multi-classiste du mouvement étudiant, et qu’on se borne à penser la communauté étudiante comme sujet politique, on n’arrivera ni à définir d’objectifs clairs ni à savoir sur quelles forces s’appuyer pour avancer; bref, il sera impossible de formuler une stratégie révolutionnaire cohérente. Or la confusion en matière de transformation sociale est toujours récupérée par la bourgeoisie, qui elle sait ce qu’elle veut faire de cette société.
Une analyse de classe implique de chercher comment les différents enjeux de société, en éducation comme ailleurs, renferment les intérêts contradictoires, conflictuels de différentes classes sociales; comment les différentes luttes témoignent d’un problème global, celui de l’émancipation d’une classe face à une autre. Se sentir à gauche et plaider la justice sociale ne suffit pas. Ce qui importe, c’est de bien discerner où passe la ligne de démarcation de cette contradiction et choisir clairement de quel côté on se positionne. C’est à cette condition qu’on peut espérer avoir prise sur la réalité et s’affranchir de la poursuite vaine d’un illusoire «bien commun», pour reprendre une conception social-démocrate aussi répandue que pernicieuse. Qu’on se le dise, entre la bourgeoisie et le prolétariat, il n’y a pas de bien commun, il n’y a qu’un irréductible rapport de domination et d’exploitation. Prétendre le contraire, c’est entretenir la confusion, c’est handicaper le prolétariat dans sa conscience de classe. Pour que la société réalise un bien commun, il faudra d’abord que la bourgeoisie ait été renversée, éradiquée en tant que classe dominante.
Penser les luttes en termes d’intérêts d’une classe précise, et chercher d’abord et avant tout à s’y appuyer, ça évitera également d’en appeler inutilement à la conscience de la dite «société civile», autre concept vaseux du réformisme contemporain. La société civile, ce sont toutes les classes à la fois telles qu’elles s’organisent dans la vie civile, c’est-à-dire en dehors de l’État, et plus souvent qu’autrement ça renvoie à des organisations bourgeoises qui prétendent parler au nom de la société toute entière. Encore une fois, derrière cette façade unitaire, il importe de départager les camps pour construire un projet politique autour de la seule classe qui a véritablement intérêt à se débarrasser du capitalisme, la seule classe «révolutionnaire jusqu’au bout».
Une des victoires les plus importantes remportées dans l’histoire du mouvement étudiant dans sa période forte, dans le monde capitaliste a été indiscutablement l’élévation politique qui a poussé de nouvelles générations à envisager la lutte sur des bases révolutionnaires et sur une remise en question radicale de la société capitaliste et, indiscutablement cette élévation a été intimement liée au rapprochement d’une frange importante d’étudiantes au camp de la révolution.
Si on s’arrête sur l’année 1968, on voit partout des luttes commencer par de simples revendications corporatistes et syndicales, mais bien vite elles passent aux luttes politiques qui visent le système capitaliste. Alors les étudiantes révoltées commencent à chercher la véritable voie de libération débouchant sur une prise de conscience de la nécessité de s’unir avec la classe ouvrière avec une plate-forme idéologique et politique claire. C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre la montée des organisations marxistes-léninistes qui a succédé l’irruption du mouvement étudiant.
Pour les militant-e-s du mouvement étudiant, il s’agit plus précisément de dépasser l’idée de construire l’unité autour des intérêts étudiants. Une telle chose n’existe pas. Il faut choisir entre les intérêts du prolétariat en matière d’éducation et ceux de la bourgeoisie. Et il faut les défendre en tant que tels1.
Que l’on veuille ou non, considérer la formation d’un rapport de force pour gagner une revendication comme une stratégie, c’est ériger en stratégie la nécessité évidente, dans le cadre de toute lutte, de créer un mouvement suffisamment fort pour atteindre les buts fixés, c’est l’abc de la lutte. Mais, c’est aussi une façon commode d’évacuer la nécessité de développer stratégie à long terme, une orientation de fond avec des buts précis et d’accumuler à travers les combats de nouvelles forces. On se contente au contraire de voguer de grève en grève avec parfois des réussites et, trop souvent des échecs. Trop peu souvent on cherche à comprendre les raisons qui expliquent en quoi nos décisions, nos moyens de luttes soient les bonnes décisions et les bons moyens. C’est justement là où se situe un des principaux obstacles qui empêche le mouvement étudiant de réellement se développer et qui se constate à travers les années dans l’incapacité de mener des luttes offensives pour arracher de nouveaux gains et donc d’être toujours placé dans une position défensive en laissant à la bourgeoisie l’initiative de décider des moments où elle va attaquer.
Le mouvement étudiant et le mouvement ouvrier et syndical
Les faiblesses théoriques du mouvement étudiant s’observent également dans le rapport que trop de militant-e-s espèrent entretenir avec le mouvement ouvrier. Cet espoir trahit une mauvaise compréhension du rôle joué par les syndicats dans cette période de l’histoire du capitalisme. C’est qu’il faudra bien tirer la conclusion suivante: les syndicats sont aujourd’hui un puissant facteur d’adhésion des travailleurs et travailleuses au capitalisme et une force de répression de la combativité ouvrière dans la lutte des classes. Cette erreur prend la forme d’une fétichisation des syndicats, et d’une réduction du mouvement ouvrier à sa forme syndicale. Combien de fois a-t-on religieusement déclaré une volonté d’agir en solidarité avec le mouvement ouvrier et les mouvements sociaux? C’est une constante de tous les plans d’action, au moins au sein de la frange de gauche du mouvement, aujourd’hui représentée par l’ASSÉ. Invariablement, cette volonté se ramène au réflexe de tendre de respectueuses perches aux organisations syndicales ou aux quelques regroupements communautaires. On espère tout haut que les syndicats se mettront en lutte, qu’on votera la grève sociale. Il faudra pourtant faire le bilan de cette «solidarité». Qu’en est-il sorti? Parfois de très timides appuis officiels au bas d’un communiqué (donnés plus volontiers à la frange de droite du mouvement), la participation à d’infructueuses coalitions où il faut faire tous les compromis, les témoignages de sympathie pour les luttes étudiantes de la part de militants individuels, mais qui ne peuvent engager leur instance, un discours de bon ton lors d’une manifestation, souvent un simple désaveu public puant de paternalisme.
Jamais il n’y a l’ombre d’une véritable lutte menée côte à côte avec les travailleurs et les travailleuses. Toutes les bonnes intentions sont amorties par le tampon bureaucratique des organisations syndicales. Faut-il en donner quelques indices? La quantité impressionnante de cadres syndicaux, du sommet à la base, qui sont politiquement inféodés au parti patronal qu’est le Parti québécois, et qui ont enterré depuis longtemps la question sociale sous la question nationale. L’intégration des appareils syndicaux au capital financier par l’intermédiaire des fonds d’investissement, les intérêts ouvriers étant désormais plus que jamais soumis à la rentabilité du capital sous prétexte de sauvegarde des emplois. Les exemples qui s’accumulent de conflits de travail dans lesquels les syndicats font passer au travers de la gorge de leurs membres les plus honteuses compromissions. La passivité devant les lois spéciales de retour au travail, véritable démobilisation des militants syndicaux et des militantes syndicales. La liste pourrait être longue encore.
Faire la jonction entre le mouvement étudiant et le mouvement ouvrier est un objectif louable, c’est même un impératif. Mais cette jonction ne doit pas être de pure forme, protocolaire. Elle doit se faire sur des bases politiques appropriées, c’est-à-dire prolétariennes et révolutionnaires, et ceci ne se fera pas par l’intermédiaire des syndicats. Il faut aller directement à la rencontre des travailleurs et des travailleuses, et les organisations pour nous permettre de le faire doivent encore être créées.
Faire sauter les verrous
Parmi les verrous idéologiques les plus lourds qui pèsent sur le potentiel révolutionnaire de la jeunesse étudiante, il y a une série de conceptions tactiques erronées ou limitées. Au niveau de la stratégie – c’est-à-dire au niveau des objectifs globaux, fondamentaux – il faut bien constater que plusieurs militants et militantes se situent du côté de l’avant-garde en se réclamant, avec plus ou moins de précision, de la révolution et de l’anti-capitalisme. Or le chemin qui mène à ces objectifs, qui matérialise au jour le jour la stratégie, est fait de choix, d’étapes, de méthodes, de détours. C’est ce qu’on appelle la tactique, et c’est sur ce chemin tortueux que beaucoup de bonnes intentions se dissipent.
Les principaux écueils tactiques où se heurtent les militant-e-s d’extrême gauche révolutionnaires et anticapitalistes sont l’économisme et l’opportunisme. L’opportunisme, au sens où nous l’entendons, ne renvoie pas nécessairement ni même essentiellement à l’attitude malhonnête d’un carriériste ou d’un bureaucrate qui ferait passer ses intérêts personnels au premier plan même si ce genre d’opportunisme existe aussi, mais ce n’est pas le plus problématique. Il ne s’agit pas d’une attitude morale, mais bien d’une erreur d’analyse politique partagée par des militantes et militants le plus souvent honnêtes et sincères. Si on doit tirer sommairement les traits de cette erreur politique, on dira qu’elle consiste à substituer «les intérêts immédiats aux intérêts fondamentaux de la classe ouvrière, la recherche du succès immédiat à la lutte pour la révolution prolétarienne et pour le socialisme», à aplatir la stratégie révolutionnaire par des considérations tactiques à courte vue. Ce concept d’opportunisme, nous le devons aux révolutionnaires du début du XXe siècle, comme Lénine et Rosa Luxembourg, qui analysaient la façon dont la IIe Internationale (2) s’écartait alors de la voie révolutionnaire et s’enlisait dans le réformisme bourgeois. C’est objectivement une trahison de l’objectif révolutionnaire faite au nom d’impératifs immédiats du processus révolutionnaire.
La forme la plus répandue de l’opportunisme à l’heure actuelle dans le mouvement étudiant pourrait être qualifiée de théorie du radicalisme étapiste. C’est davantage une conception plus ou moins intuitive qu’une théorie, mais suffisamment claire pour qu’on puisse la reconnaître comme tendance partagée par beaucoup de militants et de militantes, qui lui donnent tantôt des teintes libertaires, tantôt marxisantes, parfois simplement syndicales; plus réfléchie chez les un-e-s, plus empirique chez les autres. Cette conception, c’est celle d’une tactique qui se rapporte essentiellement à un processus de radicalisation des masses (étudiantes ou autres) par les luttes jusqu’à l’éclosion des conditions d’un soulèvement révolutionnaire. Chauffons la marmite, la pression viendra tout à l’heure faire sauter le couvercle. Alimentons le feu, donc, mais surtout, ne l’étouffons pas! N’allons pas devancer le degré de conscientisation, de radicalisation des masses.
Pour l’heure, ce qui importe, c’est d’organiser des luttes sur des revendications «concrètes», «réalistes», c’est-à-dire sur les conditions de vie des gens, et d’obtenir des gains, même modestes, voire seulement cosmétiques, pour faire croître la confiance en la lutte sociale. Il faut promouvoir la revendication de droits sociaux, instiller un esprit critique face aux autorités, mettre en lumière des injustices, encourager la combativité. Quand ce long et patient travail de radicalisation aura mûri au point de donner naissance à un véritable soulèvement populaire, alors viendra le temps de parler de révolution, de donner son véritable nom à ce mouvement quasiment déjà accompli, qui se cachait jusqu'alors sous les simples pseudonymes de lutte, de revendications, de réformes; alors viendra le temps de suggérer une cible précise aux masses en colère, de parler de lutte armée, de renversement de la bourgeoisie, de socialisme! Mais nous en sommes encore loin!
On voit bien ce que permet ce radicalisme étapiste: concilier une pratique essentiellement réformiste et économiste avec l’adhésion en principe à un horizon révolutionnaire. C’est la façon bon marché d’être d’extrême-gauche, où en fait la révolution devient moins une pratique politique qu’une sous-culture de groupe, avec ses symboles, ses chansons, ses micro-polémiques, ses soirées bien arrosées…
Pour l’heure, on s’absorbe tout entier dans les luttes immédiates,on s’immerge dans le mouvement spontané pour y faire progresser les consciences pas à pas, ici et maintenant, sans se préoccuper vraiment de la destination. On ne clarifie jamais les questions politiques, de stratégie et de tactique, relatives à la révolution, car c'est une perspective qui apparaît toujours comme trop lointaine, trop abstraite. Souvent cela prend la forme d’un mépris pour le débat et la réflexion théoriques au nom des réalités concrètes, d’une dénonciation de l’intellectualisme évidemment petit-bourgeois au profit d’un activisme pur. C’est en bonne partie ce qui explique la pauvreté des luttes idéologiques dans le mouvement étudiant actuel et la stagnation de ses retombées politiques.
La matérialisation de cette conception tactique, c’est le cantonnement du militantisme dans les cadres du syndicalisme étudiant, l’outil de radicalisation des campus. L'association étudiante et l'assemblée générale sont alors le seul horizon; la prochaine proposition, la prochaine manifestation, le prochain congrès et l'impératif absolu d'y remporter des votes deviennent tout et les perspectives politiques à long terme ne sont plus rien. Pire encore, sous prétexte de vulgariser, d’élargir l’audience, d’être mieux compris, on adopte à qui mieux mieux le vocabulaire de la bourgeoisie, celui qui constitue déjà le discours courant, ambiant, dominant, sans se préoccuper des graves handicaps idéologiques que cela représente dans la (re)construction d’une conscience de classe; à cet égard, on choisit souvent les chemins plus faciles, trait caractéristique de l’opportunisme. Si des mots comme classes sociales, prolétariat, bourgeoisie, lutte de classe, révolution, socialisme, etc. ont été si efficacement évacués de la conscience du plus grand nombre par les idéologues de la bourgeoisie (journalistes, politiciens, intellectuels), c’est bien la raison pour laquelle il faut impérativement les remettre d’usage, les réhabiliter. On ne se prive pas impunément des outils d’une compréhension scientifique du monde sur lequel on cherche à avoir prise pour le transformer.
Sans travail politique révolutionnaire indépendant – nous entendons par là affranchi des structures associatives multiclassistes, pratiqué sur des bases révolutionnaires explicites et non seulement syndicales –, le syndicalisme étudiant, même «de combat», devient vite un plafond dans le processus de radicalisation. D’une part, c’est un mouvement fortement marqué par les cycles, les flux et reflux de mobilisation et de combativité, le renouvellement de ses membres. Il semble difficile d’assurer autre chose qu’une simple reproduction de ses effectifs militants. C’est que le statut d’étudiante ou d’étudiant est par définition, dans notre société, transitoire. Inévitablement, à plus ou moins long terme selon les parcours, on prend sa retraite du mouvement. Combien sont alors rattrapé-e-s par les effets de leur indifférence face à la responsabilité de constituer des débouchés politiques au militantisme étudiant, des débouchés qui permettent d’envisager des problèmes sociaux et politiques plus larges que les luttes étudiantes immédiates et de rassembler et d’organiser au-delà d’un groupe social aussi restreint? Ceux et celles qui ont fondé leurs espoirs dans le syndicalisme ouvrier ou le milieu communautaire s’aperçoivent qu’il est autrement plus compliqué d’y être «radical-e» que dans les bastions de la gauche étudiante. Plusieurs lâcheront prise, frustré-e-s par un sentiment d’impuissance et d’isolement. D’autres cèderont à la pression en rentrant dans le rang d’un militantisme bureaucratique et de collaboration de classes. D’autres enfin se résigneront à offrir au meilleur de leur capacité un soutien à des populations en difficulté, se contentant par là surtout de panser les plaies béantes de la société capitaliste, sans réel espoir d’endiguer le mal par cette intervention sociale.
Mais ce n’est là à la rigueur qu’un problème secondaire. Le plus problématique, c’est que sans travail politique révolutionnaire indépendant, en se cantonnant dans les structures et le langage du syndicalisme étudiant de combat, on gaspille une grande part du potentiel politique que recèle ce mouvement. On s’empêche de cueillir les meilleurs fruits de la radicalisation des masses étudiantes en accumulant des forces pour la révolution.
Malgré toute la résolution qu’on y mettra, la perspective du renversement de la bourgeoisie et de l’édification du socialisme ne se dessine pas dans les quelques années à venir. D’autres s’y sont frottés avant nous, il n’y a pas de raison pour que ça soit soudainement facile. Pourtant, d’ici-là, il est légitime pour les masses de lutter et de revendiquer pour des améliorations à leur sort dans l’immédiat, pour des réformes sous le capitalisme. D’ailleurs, qu’on le veuille ou non, le capitalisme impose des conditions de vie qui fatalement génèrent des irruptions de révoltes, des aspirations à plus de dignité. Ce serait carrément ridicule des les condamner sous prétexte qu’elles sont limitées, qu’elles ne se formulent pas spontanément comme aspiration au socialisme. Au contraire, elles sont la racine même de la lutte pour le socialisme.
Car pour nous, la lutte pour des réformes – ou des revendications immédiates – et la lutte pour la révolution et le socialisme ne sont pas renvoyées dos-à-dos, mutuellement exclusives. Il y a moyen d’articuler les deux, de s’adresser aux besoins pressants des masses sans glisser dans l’opportunisme, sans compromettre les objectifs fondamentaux. Or, les conceptions tactiques dominantes dans les milieux radicaux du mouvement étudiant n’y parviennent pas. Il faut user d’un peu plus d’esprit dialectique, en l’occurrence il apparaît qu’il faut renverser la problématique qui sert de prémisse à la thèse de la radicalisation par étapes.
On a beaucoup prétendu que si les luttes sur les revendications immédiates ont tant de mal à aboutir – la lutte récente sur les frais de scolarité par exemple – c’est qu’on n’avait pas suffisamment tapé sur le clou de la préservation des acquis, et qu’on n’avait pas suffisamment construit le mouvement dans ses formes syndicales et réformistes, rassemblé dans un très large front uni; qu’on avait même effarouché les consciences sociales émergentes par des propositions «extrémistes», à savoir la gratuité scolaire. Nous croyons plutôt que si le front de la préservation des acquis sociaux recule, et qu’à plus forte raison celui de la lutte pour de nouvelles réformes est frappé d’impuissance, le principal facteur en est l’absence d’un mouvement révolutionnaire un peu significatif.
Quel intérêt le gouvernement a-t-il à donner satisfaction, même partiellement, aux revendications actuelles de l’aile «réformiste radicale» du mouvement étudiant? Aucun. Pour qu’il s’intéresse à ces revendications, il faudrait qu’il y voit pour lui un moindre mal, un façon d’échapper à pire. Mais à l’heure actuelle, c’est une organisation comme l’ASSÉ qui représente son opposition la plus antagonique dans le mouvement étudiant. Ainsi, quand ça commence à chauffer, il sait très bien s’appuyer sur les fédérations étudiantes qui, au prix de concessions mineures, lui permettent d’isoler et de frustrer l’aile gauche. C’est une dynamique très bien connue des militantes et militants de l’ASSÉ.
La bourgeoisie s’engage dans des réformes sociales par peur de la révolution. L’offensive de la bourgeoisie à l’échelle mondiale depuis deux à trois décennies, qu’on appelle souvent néolibéralisme, correspond aux reflux de la révolution. Voilà l’équation. Et la tendance à renverser.
Le jour où il y aura une frange significative de militants et militantes capables de déployer une agitation-propagande révolutionnaire dans le mouvement étudiant, de construire une opposition radicale aux intérêts de la bourgeoisie, alors le besoin se présentera pour le gouvernement d’isoler cette frange, de lui couper ses appuis. Et dans la mesure où la répression seule ne suffira pas, qu’il faudra y offrir une réponse politique, c’est vers le mouvement réformiste que l’État devra se tourner, sur lequel il devra s’appuyer. Et c’est alors que de nouveaux acquis sociaux auront le plus de chance d’être arrachés. Devant une telle conjoncture, un nouveau choix se présentera aux militantes et militants: «consolider» ces nouveaux acquis et servir ainsi de garde-fou au régime capitaliste défaillant ou agrandir la brèche en faisant poursuivre son élan au mouvement révolutionnaire, en le faisant passé à un autre stade.
Vers un nouveau mouvement
En avançant l’idée qu’il est possible de transformer le mouvement étudiant, nous postulons donc qu’il est possible – et nécessaire – de déployer une activité politique révolutionnaire au sein du mouvement étudiant. Pour cela, il y a selon nous plusieurs obstacles à surmonter, qui sont d’abord d’ordre idéologique. Le militantisme étudiant, même dans ses formes strictement syndicales, politise ceux et celles qui l’animent. Il agit sur plusieurs comme un éveilleur de conscience sociale. Rapidement, toutefois, les armes idéologiques (concepts, principes, notions de stratégie et de tactique, etc.) transmises par ce militantisme s’avèrent insuffisantes pour affronter des tâches politiques plus vastes, pour avancer significativement sur le chemin de la révolution.
Il faut donc pallier la relative pauvreté des repères politiques et théoriques spontanément véhiculés par le militantisme étudiant. Or il existe un riche bagage idéologique révolutionnaire auquel on peut puiser, qui s’est accumulé au long des incessantes luttes de classes des deux derniers siècles passés sous la domination capitaliste, et qui fait la synthèse des expériences révolutionnaires les plus avancées. Faire abstraction de cet héritage historique, c’est faire un spectaculaire recul dans la lutte contre la domination bourgeoise et c’est liquider des leçons chèrement payées par les exploité-e-s du monde entier. Il importe au contraire de faire le bilan du mouvement étudiant à la lumière de ces leçons. Nous nous proposons de le faire, sans prétendre pour autant nous être pleinement approprié ce précieux héritage. Demeurons humbles, donc, mais sans éluder nos responsabilités, c’est-à-dire sans avoir peur de se commettre.
Lutter pour transformer un système social nécessite aussi de s’organiser autrement. Cela nécessite de faire le bilan et l’analyse du mouvement actuel, plus que l’état des forces, il faut pénétrer cette matière sociale en mouvement pour en dégager des principes qui nous serons utiles ultérieurement. Il faut comprendre l’évolution ainsi que les différentes tendances qui traversent le mouvement étudiant. Il faut mettre en relief toutes ses idées et tendances pour ensuite déterminer lesquelles servent et viennent renforcer le camp révolutionnaire et lesquelles viennent le diviser et par conséquent lesquelles il faut combattre. Pour avoir un mouvement qualitativement différent de celui qui existe, la question n’est pas tant de former une organisation nouvelle, mais d’unir consciemment à partir de principes et sur des mêmes objectifs, à partir du point de vue révolutionnaire et des aspirations à la révolution, une jeunesse qui est depuis trop longtemps emprisonné par des tendances lourdes dans le mouvement étudiant i.e. le réformisme (radical ou non) et la conciliation de classe.
Les étudiantes révolutionnaires ne visent pas à faire disparaître les associations étudiantes, leurs instances, etc. Les étudiantes révolutionnaires luttent contre les courants réformistes qui en emprisonnent le mouvement étudiant et cherchent franchement à organiser, à favoriser, à développer un vaste mouvement de lutte idéologique dans le mouvement étudiant et de ce point de départ, favoriser chez les étudiantes une nouvelle façon de voir leur implication dans le militantisme étudiant, dans leur façon de s’organiser, de lutter.
Le syndicalisme traditionnel ou de «combat» que l’on veut large et démocratique n’amène rien si les fondations sont basées sur le réformisme. Au nom des intérêts strictement étudiantes, ce mur d’idéologies, de pratiques et de conceptions isolent et particularisent les étudiantes et leur confèrent une spécificité qui en ait un groupe à part. Il s’en suit deux mouvements qui s’opposent, qui ne mènent pas le même combat. Le premier réformiste se fixe comme objectif l’amélioration d’une position privilégiée. L’autre, révolutionnaire se fixe comme objectif de s’inscrire dans le mouvement plus général de lutte pour abolir le capitalisme et par le fait même les privilèges.
Nous avons besoin de construire un vaste mouvement, qui en pratique et en théorie s’appuie sur les masses les plus exploitées et opprimées par le système impérialiste. Un mouvement de fond qui met en lumière et s‘attaque aux causes de cette exploitation et oppression et non seulement aux effets. Nous avons besoin d’un mouvement qui renforce la tendance existante dans la jeunesse qui voit que c’est seulement par l’élimination complète, ici et ailleurs, du système capitaliste qu’il est possible de résoudre les problèmes du peuple. Bref, il faut résolument déployer l’esprit de révolte qui anime les masses exploitées, spécialement dans la comme l’ont montré plusieurs moments importants de l’histoire, en l'unissant dans la lutte générale du prolétariat pour faire avancer la lutte révolutionnaire.
En organisant des jeunes unies autour d'un programme révolutionnaire dans un mouvement qui se base sur la mobilisation consciente de la jeunesse et des étudiantes, qui permet de lutter pour établir pourquoi nous devons combattre et comment le faire.
Ce mouvement nous voulons le construire où se retrouve la jeunesse prolétarienne dans les polyvalentes, cégeps et universités, dans les quartiers populaires et en solidarité avec le peuple. Nous affirmons qu’il faut travailler pour un mouvement étudiant qui s’unisse aux diverses organisations étudiantes démocratiques et anti-impérialistes existantes, pas hypocritement et sans principe, mais par la discussion et la pratique en déterminant ce qui est juste et ce qui est erroné afin de remettre la politique révolutionnaire au poste de commande et qu’enfin le mouvement étudiant ait une politique réellement correcte qui sert le peuple dans son combat contre le système capitaliste.
Nous savons pertinemment bien que notre entêtement à parler de révolution, de critique du système va déplaire aux habitué-e-s des accommodements en faveur de la bourgeoisie. Or pour le prolétariat et tout particulièrement pour les jeunes du prolétariat il ne peut y avoir qu’une seule politique qui vaille, celle de mener la lutte de classe. Cette simple idée, les étudiants et étudiantes révolutionnaires la défendent avec acharnement.
Le travail communiste en milieu étudiant
Aux insuffisances de la tactique de la radicalisation à petit feu, nous opposons la nécessité d’un travail communiste indépendant. Nous postulons qu’il faut non seulement «chauffer» les masses, radicaliser les luttes qui seront toujours spontanément générées par les contradictions constitutives du capitalisme lui-même, mais encore, d’un même souffle et dès maintenant, construire concrètement le camp de la révolution. Il faut non seulement gagner les militants et les militantes à l’idée de révolution, mais les encourager à s’organiser sur cette base.
Pour exister et faire ressortir la force motrice dont les étudiantes du prolétariat ont besoin, il faut qu’elle trouve une direction, un centre d’agrégation qui ouvre le chemin à une action collective. Ce centre d’agrégation c’est un ensemble de pratiques, le parti et sa ligne politique. La révolution est une démarche de lutte, politique, organisée, dont l'objectif est de détruire cette société dans tous ses fondements et construire le monde nouveau. Sa première étape est la prise du pouvoir d'État, pour donner aux prolétariat les moyens de cette transformation. La révolution nécessite donc une orientation, un programme, une vision de la marche au communisme dans ses différentes étapes. Cela ne peut s'acquérir sans un parti d'avant-garde.
Seul, le mouvement spontané, éventuellement radical et généralisé, peut voir le jour de façon spontanée; pas la révolution. Car les exploité-e-s, dans leur immense majorité, n'envisagent leur avenir que dans le cadre du capitalisme. Leurs luttes s'orientent plutôt vers une meilleure répartition des richesses, une meilleure organisation de la société, sans remettre en cause l'exploitation et la place des producteurs dans la société; elles sont spontanément réformistes.
La colère que provoque l'exploitation, la perte d'emplois, le logement cher, la pauvreté croissante sont la base indispensable au développement d'une politique révolutionnaire. A partir de ces mouvements, les communistes, par leur activité, peuvent amener les travailleurs à en dépasser les limites, à sortir du cadre étroit des rapports immédiats, pour prendre conscience de la nécessité de la transformation de toute la société; du renversement de la bourgeoisie. Dans tous ces combats, orientations réformistes et orientations révolutionnaires s'affrontent.
En ce sens, «faire apparaître» et mettre de l’avant l’intérêt du prolétariat révolutionnaire ainsi que la force qui guide ce dernier dans cette lutte i.e. le parti communiste révolutionnaire c’est le point de départ d’une activité révolutionnaire conséquente. Dans ce travail, une multitude de courants politiques vont venir s’opposer à nous. Ceux-ci ont en commun une incompréhension des masses. Pour cacher leurs propres réticences, ils mettent de l’avant des arguments comme «les étudiantes ne comprennent pas, les étudiantes ne sont pas encore prêtes, il faut radicaliser le mouvement par étape en commençant par les revendications progressistes, puis les réformes, puis la lutte radicale, etc.» chacun de ces arguments met en relief une volonté clairement affichée de ne pas vouloir comprendre le mouvement réel des choses et les besoins du mouvement en général.
Pour rendre notre action politique et pratique plus efficace, il faut avoir une stratégie et des tactiques appropriées. Avoir une stratégie c’est beaucoup plus que d’avoir un philosophie d’organisation. Par exemple on sépare généralement le mouvement étudiant en deux. Un, le plus imposant pour l’instant, est le mouvement étudiant dirigé par les courants réformistes dont le moyen d’action principal est la collaboration de classe avec l’État. L’autre, le plus petit, se revendique du syndicalisme de combat et d’une certaine distance avec l’État. En apparence les deux camps sont bien divisés. Pourtant, si on y regarde de plus près, on réalise rapidement que les deux courants ont une fonction similaire, objective, qui est celle d’empêcher la jeunesse de développer de réelles pratiques d’action se situant à l’extérieur des règles imposées par la bourgeoisie.
Le syndicalisme de «combat» en lui même est une coquille vide si on ne se pose pas la question de quels sont nos combats? Comment les menons-nous? Qui défendons-nous? Les intérêts de qui sont mis de l’avant? Se contenter comme aujourd’hui de s’auto étiqueter de gauche parce que l’on rajoute le mot combat à syndicalisme c’est oublier que 9 fois sur 10 c’est le syndicalisme platement réformiste qui l’emporte. Il est certes positif de ne pas vouloir s’engager dans la collaboration avec l’État, mais cela amène aussi l’obligation de développer une stratégie pour enligner ce choix.
Pour lutter efficacement

Stéphane Gendron 09/01/2009 17:55


Carol: vous devriez publier quelques livres...


Carol Tremblay 09/01/2009 13:34


Ce n’est pas parce qu’on raconte n’importe quoi sans être capable de le prouver et qu’on ne peut pas lire des phrases de plus de cinq mots sans avoir de violents maux de tête qu’on sait de quoi on parle. Hi! Hi! Hi!