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Depuis une bonne vingtaine d'années, le sport favori des leaders d'opinion et des humoristes est de rire de la police. Puis s'est greffé à cette attitude dérogatoire l'effritement du pouvoir policier au profit des diverses chartes des droits et libertés. Le gouvernement des juges y a d'ailleurs largement contribué en cassant systématiquement la marge de manoeuvre policière.
Mais pire encore fut l'attitude des gouvernements qui se sont succédé et qui ont
contribué à miner le travail policier. Ce fut d'abord l'implantation de la police communautaire, ce modèle dit «de Chicago» orienté vers la proximité du citoyen. C'est à ce moment que la police
est devenue à la fois l'ami du citoyen et du criminel. Terminée la hiérarchie basée sur l'autorité. Le nivellement par le bas est devenu le nouveau code de conduite. Il nous était maintenant
possible de faire un doigt d'honneur à la police au nom de la liberté d'expression. Chaque geste policier est devenu l'objet de contestation et de «brutalité.» On dégaine? Une enquête
ministérielle. On s'attaque à un criminel? Une plainte en déontologie suit immédiatement. Le criminel et le voyou ont droit au respect sans condition. La police doit toujours faire preuve
d'exemplarité sans faille. Même devant l'insulte et des situations de stress extrême.
POLICE FONCTIONNAIRE
Terminées les chasses à l'homme et bienvenue à la police de comptoir. Ces 20 dernières années ont vu la police
se «fonctionnariser» : rapports, dossiers, rédaction, enquêtes de fond, requêtes, présences interminables à la Cour et surtout absence de plus en plus grandissante de la patrouille dans nos
rues. Statistique Canada nous démontre qu'entre 1995 et 2005, les effectifs policiers au Québec ont baissé par rapport à la population totale. Les politiciens vont nous dire que la criminalité
est également en baisse. Rien de plus faux. Les crimes graves le sont, mais la petite criminalité progresse partout, surtout dans les régions. Et c'est cette criminalité dite «mineure» qui
exaspère le citoyen et qui contribue à entacher la réputation de la police. Dans plusieurs localités, la frustration laisse place à l'indifférence. On ne déclare plus les actes de vandalisme et
les méfaits. Pourquoi cette situation? Par manque d'effectif sur nos routes. Ainsi, il n'est pas rare de voir du personnel policier en maladie ou en congé de maternité qui ne sera pas remplacé
dans les postes de la SQ.
OFFRES CONCURRENTIELLES
Conjugué à ce manque d'effectif vient se greffer un nouveau phénomène engendré par le recrutement intensif de la GRC auprès des policiers du Québec. Ainsi, on offre des salaires de base pouvant aller jusqu'à 78 000$ à un transfuge intéressé à quitter pour la GRC alors que les salaires donnés à la SQ ne sont aucunement comparables. Faut-il blâmer les jeunes de vouloir quitter ainsi vers le plus offrant?
À l'heure actuelle, la liste d'attente pour la formation à l'Institut National de Police de Nicolet dépasse les
700 candidats. À titre d'exemple, en 2007 il en coûtait 107 000 $ par policier au sein de la SQ, sur une base annuelle. Ce coût est moins élevé que la Sûreté provinciale de l'Ontario qui doit
débourser plus de 112 000 $
Un gouvernement qui se soucie de la sécurité de ses citoyens a le devoir d'investir massivement dans ses
policiers et dans l'embauche. Autrement dit, cessons de blâmer les policiers et prenons-nous en à nos dirigeants politiques.
Stéphane Gendron
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