Le respect envers la Police

Publié le par Stéphane Gendron

Depuis une bonne vingtaine d'années, le sport favori des leaders d'opinion et des humoristes est de rire de la police. Puis s'est greffé à cette attitude dérogatoire l'effritement du pouvoir policier au profit des diverses chartes des droits et libertés. Le gouvernement des juges y a d'ailleurs largement contribué en cassant systématiquement la marge de manoeuvre policière.


Mais pire encore fut l'attitude des gouvernements qui se sont succédé et qui ont contribué à miner le travail policier. Ce fut d'abord l'implantation de la police communautaire, ce modèle dit «de Chicago» orienté vers la proximité du citoyen. C'est à ce moment que la police est devenue à la fois l'ami du citoyen et du criminel. Terminée la hiérarchie basée sur l'autorité. Le nivellement par le bas est devenu le nouveau code de conduite. Il nous était maintenant possible de faire un doigt d'honneur à la police au nom de la liberté d'expression. Chaque geste policier est devenu l'objet de contestation et de «brutalité.» On dégaine? Une enquête ministérielle. On s'attaque à un criminel? Une plainte en déontologie suit immédiatement. Le criminel et le voyou ont droit au respect sans condition. La police doit toujours faire preuve d'exemplarité sans faille. Même devant l'insulte et des situations de stress extrême.


POLICE FONCTIONNAIRE

Terminées les chasses à l'homme et bienvenue à la police de comptoir. Ces 20 dernières années ont vu la police se «fonctionnariser» : rapports, dossiers, rédaction, enquêtes de fond, requêtes, présences interminables à la Cour et surtout absence de plus en plus grandissante de la patrouille dans nos rues. Statistique Canada nous démontre qu'entre 1995 et 2005, les effectifs policiers au Québec ont baissé par rapport à la population totale. Les politiciens vont nous dire que la criminalité est également en baisse. Rien de plus faux. Les crimes graves le sont, mais la petite criminalité progresse partout, surtout dans les régions. Et c'est cette criminalité dite «mineure» qui exaspère le citoyen et qui contribue à entacher la réputation de la police. Dans plusieurs localités, la frustration laisse place à l'indifférence. On ne déclare plus les actes de vandalisme et les méfaits. Pourquoi cette situation? Par manque d'effectif sur nos routes. Ainsi, il n'est pas rare de voir du personnel policier en maladie ou en congé de maternité qui ne sera pas remplacé dans les postes de la SQ.


OFFRES CONCURRENTIELLES

Conjugué à ce manque d'effectif vient se greffer un nouveau phénomène engendré par le recrutement intensif de la GRC auprès des policiers du Québec. Ainsi, on offre des salaires de base pouvant aller jusqu'à 78 000$ à un transfuge intéressé à quitter pour la GRC alors que les salaires donnés à la SQ ne sont aucunement comparables. Faut-il blâmer les jeunes de vouloir quitter ainsi vers le plus offrant?


À l'heure actuelle, la liste d'attente pour la formation à l'Institut National de Police de Nicolet dépasse les 700 candidats. À titre d'exemple, en 2007 il en coûtait 107 000 $ par policier au sein de la SQ, sur une base annuelle. Ce coût est moins élevé que la Sûreté provinciale de l'Ontario qui doit débourser plus de 112 000 $


Un gouvernement qui se soucie de la sécurité de ses citoyens a le devoir d'investir massivement dans ses policiers et dans l'embauche. Autrement dit, cessons de blâmer les policiers et prenons-nous en à nos dirigeants politiques.


Stéphane Gendron



Publié dans huntingdon

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SIM Experts 22/04/2009 20:48

Le travail des policiers est de plus en plus dur, ils doivent faire respecter la loi mais ont très peu de moyen pour le faire.  Les policiers doivent se méfier des cellulaires, ils sont surveillés en tout temps par les citoyens.  S'ils ont le malheure d'utiliser la force pour mettre fin à un conflit, ils sont accusés d'être abusifs, si au contraire ils n'agissent pas assez rapidement, ils sont critiqués. Je prends en exemple la tragédie de Colombine aux Etats-unis, les policiers qui sont intervenus sont accusés aujourd'hui de ne pas avoir fait feu assez rapidement, mais s'ils avaient ouvert le feu dès le début de la fusillade et avaient blessé quelqu'un, les policiers auraient étés pointés du doigt encore une fois...

R. Boisvert 17/04/2009 07:59

La police mérite l'attitude dérogatoire justement parce que c'est une police de comptoir, qui prend des raccourcis faciles  coupure de service, profilage et leur paresse très transparente à la job. Ils s'en cachent meme pas mais exigent plus de $ pour moins d'effort. Dernièrement, les policiers devraient savoir que le respect commence par le respect de soi-même. L'uniforme genère le respect. À propos des policiers en grève qui ne porte pas l'uniforme mais des pantalons pyjamas multicolore: avoir l'air de clowns comme eux, ils ne devraient pas s'étonner de se faire niaser comme ça.

Sophie 14/04/2009 18:19

Enfin, un article qui dit les vrais choses. Il y a un certain laisser-aller de la part des policiers, pardonnez-moi HMichaud, mais prenez la peine de lire l'article de M.Gendron et le commentaire de M.Lespérence SVP. Il apportent de très bons points. Je dois tout de même avouer qu'il doit être frustrant de voir un policier ne rien faire devant plusieurs infractions. Je dois aussi ajouté, ayant été attitrée en tant que témoin à la cour pénale, j'ai pu voir un individu gagné sa cause en apportant le fait que le policier avait fait du profilage(rendant ainsi l'intervention policière abusive) en abordant l'individu sur le simple fait qu'il n'avait pas traversé la rue au bon endroit. Rien que pour dire que les policiers n'ont plus aucune marque de manoeuvre, même s'ils agissent en toute légalité. Je ne sais pas pourquoi, mais on se sent toujours oubligé de les critiquer. On reçoit un ''tickets'' on n'est pas content et on leur lance souvent d'aller arrêter des vrais bandits. Ils arrêtent un criminel, ce dernier se plaint et porte plainte en déontologie. Celui ou celle qui a porté plainte, se plaint qu'ils ne trouvent pas le criminel assez vite, s'ils le trouvent rapidement et bien les policiers ont été chanceux ou tout simplement, lorsque tout le travail policier a été fait, il n'y a plus de plainte ou la plainte est refusé car aucun témoin ne se présente à la cour. Il y a aussi un gros manque de la part des citoyens, sans généralisé.

Pascal Mathieu 13/04/2009 00:22

Je suis policier depuis 3 ans et je suis en total accord avec les commentaires de M. Gendron. Honnêtement, on se sent comprit et les points qu'il invoque sont tellement vrais!!! Nous avons tellement les mains liés qu'avant chaque appel et intervention, nous devons penser a se protéger des citoyens mal intentionnés et des médias avant d'intervenir..

Y. Taupier 08/04/2009 21:24

On nous dit que les policiers pourraient être en danger dans Montréal-Nord?  On pourra remercier CLAUDE POIRIER de CLNLuck Merville   Gilles Proux  Geneviève Borne   MÉDIASqui ont fait de l'entrave au travail des policiersdans cette affaire des VILLANUEVA.....Nos policiers n'ont rien à se reprocher pour avoir fait leur travail dans cette histoire nébuleuse.