Un député fermier qui connaît ses "affaires"...

Publié le par Stéphane Gendron

Bon matin à tous.

La tentation aurait été forte de vous entretenir de la proposition de politique familiale de André Boisclair concernant l'aide financière pour une première maison. Cependant, je vous avais promis une escapade du côté de Huntingdon.

Le député André Chenail du comté de Huntingdon est en poste depuis 1989. Bientôt 18 ans...Presqu'une génération au pouvoir dans la région.

Selon le Journal de Montréal de dimanche dernier, M. Chenail n'a jamais intervenu en Chambre pendant toutes ces années. Mais une chose qui étonne encore plus, c'est l'interprétation faite par le député de la protection du territoire et de l'Environnement. On a beau se nommer "André Chenail", personne n'est au-dessus des lois. Louis-Gilles Francoeur, journaliste au journal Le Devoir a enquêté à plusieurs reprises sur le député de Huntingdon, ses corporations et/ou sa garde rapprochée. Voici le premier volet récent de l'une de ses découvertes (porter attention au texte en caractère gras):

Le Devoir
LES ACTUALITÉS, samedi 30 avril 2005, p. a7

 

La protection de deux tourbières coûterait cher

 

Francoeur, Louis-Gilles

 

Le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP) aurait admis qu'il ne peut pas protéger deux tourbières de la plus haute importance écologique dans la région de Saint-Anicet sans devoir les acquérir à leur «juste valeur marchande».

 

C'est ce que révèle le rapport de la Table de concertation sur les milieux humides du bassin de la rivière La Guerre, dans les municipalités de Saint-Anicet et de Huntingdon, près du lac Saint-François. Ce rapport inédit, daté de mars dernier, évalue à 5,7 millions le coût d'acquisition des 1156 ha que couvrent les tourbières du Small et du Large Tea Field, au coût de 5000 $ l'hectare. Le rapport, dont Le Devoir a obtenu copie, précise d'ailleurs que le «montant est jugé insuffisant par les agriculteurs»...

 

Ce rapport conclut que «les membres de la Table estiment que, dans la logique de la Loi de la protection du territoire et des activités agricoles, le territoire que l'on aura voué à l'agriculture, en vertu du schéma d'aménagement, doit être dédié prioritairement à l'agriculture. Par contre, si on devait donner un autre usage à une partie de ce territoire, les autorités compétentes en la matière seraient dans l'obligation de le justifier. Aussi, le fardeau de démontrer que l'on doit préserver un secteur de la tourbière appartient aux autorités compétentes (par exemple MENV et MRC). Il ressort des orientations gouvernementales qu'il n'incombe pas à l'agriculteur de commander et de défrayer les dites études».

 

Au contraire, la Loi québécoise sur la qualité de l'environnement (LQE) prévoit explicitement que les demandeurs de certificats d'autorisation doivent fournir eux-mêmes toutes les réponses aux questions du ministère sur les impacts ou répercussions possibles de leurs projets. Et cela, à leurs frais. Ces certificats d'autorisation doivent être obtenus avant que ne démarre un projet ou une activité dans un cours d'eau ou un milieu humide comme les tourbières de Saint-Anicet.

 

Les travaux de la Table de concertation et la confection de son rapport ont été présidés par l'agronome Pierre Sauriol. Cette commande du ministère fait suite à deux autres rapports commandés par le même ministère dans le passé, dont la haute direction jugeait les conclusions trop fermes. Le premier, rédigé par la biologiste Kim Marineau en août dernier, proposait de protéger ce qui reste des deux tourbières du Small et du Large Tea Field, soit 546 et 610 ha. Mme Marineau proposait aussi de créer une zone tampon de 200 mètres autour des tourbières.

 

Le ministère a répliqué en commandant une nouvelle étude à Canards Illimités, un partenaire financier de Québec dans de nombreux dossiers. Cet organisme a alors recommandé de protéger seulement 360 des 1156 ha des deux tourbières. Canards Illimités se verra d'ailleurs confier mardi prochain le soin de dresser la nouvelle carte des milieux humides de la région de Québec, un autre contrat du même ministère.

 

Parmi les membres de la Table de concertation à l'origine de ce troisième rapport qui accorde cette fois la priorité totale à l'agriculture, on retrouve le député libéral local, André Chenail.

 

Sa fille Caroline, qui gère la société agricole 2526-3831 Québec inc. à la même adresse que celle du député, a été avisée le 5 septembre 2003 que des travaux de déboisement avaient été réalisés dans une des deux tourbières «sans que vous déteniez le certificat d'autorisation» prévu par la loi. Pierre Paquin, directeur adjoint régional du ministère, a alors exigé, à propos de ces travaux, «de les suspendre immédiatement», ce qui fut fait. Aucune suite juridique n'est connue à cet avis d'infraction.

 

En 1997, le député Chenail a passé près de céder au ministère de l'Environnement ses terres noires dans le secteur, comme le révèle la lettre que lui faisait parvenir le 15 mai de cette année-là le ministre de l'Environnement de l'époque, David Cliche. Il semblerait, selon une source digne de foi, que l'évaluation par le ministère du «don» envisagé par le député n'était pas assez élevée. Le ministère de l'Environnement voulait, selon la lettre obtenue par Le Devoir, acquérir ces portions des tourbières pour en faire une «réserve écologique». Ce statut est le plus élevé qui soit dans l'échelle de la protection au Québec. Aujourd'hui, avec les nouvelles règles d'évaluation environnementales mises au point à la Table de concertation de la rivière La Guerre et à la Direction du patrimoine écologique du ministère, on propose de sacrifier une partie importante de ces territoires humides à l'agriculture si Québec n'a pas l'argent pour les acheter.

 

Et selon une source digne de foi, les approches faites par le ministère auprès des deux plus riches organismes de conservation qui monopolisent l'essentiel des subventions du ministère, Conservation de la nature et Canards Illimités, n'ont rien donné. Aucun n'a de projets de ce côté.

 

J'ai une question pour vous, chers électeurs :

Comment se fait-il que le Ministère de l'Environnement n'a pas émis d'amende ni d'avis d'infraction à l'encontre de la corporation 2526-3831 Québec Inc. ? Comment peut-on forcer Réno-Dépôt à Terrebonne à reconstituer une zone humide protégée sacagée par un promoteur ? Pourquoi a-t-on forcer un contracteur de Laval à réhabiliter une zone humide protégée alors que la Corporation 2526-3831 Québec Inc. a déboisé et n'a pas eu d'infraction ni de poursuite malgré l'arrêt des travaux ?

Y aurait-il deux justices au Québec, une pour les gens ordinaires et une autre pour les "branchés" ?

À vous de réagir !

Stéphane Gendron

Publié dans huntingdon

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anne-sophie 09/03/2007 12:56

Le secret de PFK !!!!

ED LEMANCHOT 09/03/2007 12:23

Bonjour Québécois et Québécoises.
Pendant que Charest MENTON et que Boisclair NION et que Dumont NETTOYON, on oublie une chose importante: Jésus a dit : ''Voyez les oiseaux du ciel, ils ne sèment ni ne récoltent pourtant je vois à ce qu'ils soient nourris...''
Mais pensons à l'environnement, je vois trop de ces gens qui jettent aux oiseaux des miettes et même des tranches complètes de ...PAIN BLANC !!!!!!
MOI monsieur, je me fais un devoir de leur donner du pain de BLÉ ENTIER... Pensons à l'environnement avant tout.
Ed LeManchot

Yolande Taupier 08/03/2007 18:42


Anne-Sophie,

L'homme et la femme se complètent.  C'est l'équilibre.  Ça prend le respect mutuel.

Lorraine Verona 08/03/2007 15:12

A Eric Mathieu,
Merci de la correction. 
Lorraine Verona
 

anne-sophie 08/03/2007 14:13

Et esque l homme peut vivre sans femme???
Je crois que nous avons besoin autant de l un que de l autre.
Un femme peut règler les problèmes autant qu un homme.
Ya des bons hommes comme des mauvais,des bonnes femmes et des mauvaises.