Québec, qu'as-tu fait de ton baptême?

Publié le par Stéphane Gendron

Après les propos de André Drouin devant la Commission Bouchard-Taylor aux Trois-Rivières, je croyais avoir tout entendu. Bien sûr, il y a le type "imbécile qui dit n'importe quoi" et le type intelligent qui dit des niaiseries. Le Cardinal Ouellet appartient à cette dernière catégorie. Car pour être Cardinal et Primat de l'église Canadienne, il faut très certainement avoir navigué politiquement à l'intérieur de l'Église, et très certainement avoir un minimum d'intelligence. Mais comme disait mon père, un diplôme, ça ne donne pas du plomb dans la tête, et nous en avons eu une preuve encore aujourd'hui !

Voici quelques déclarations du Cardinal Ouellet à propos de la Nation québécoise:

En parlant de la langue française et de la religion catholique, on aurait cru entendre Mgr Ouellet commenter le rapport Johnson sur l'effondrement du viaduc de la Concorde :

"Ces deux piliers devront s'épauler ou crouler ensemble"

Bien évidemment, le vieux dicton : La Foi gardienne de la Langue et la Langue, gardienne de la Foi. Ce slogan fonctionnait pour une société peu instruite. En 2007, Mgr. Ouellet nous prend-il pour un peuple de bâtards ? Il faut réellement être un imbécile pour croire une affirmation de la sorte aujourd'hui. Le français s'apprend par la grammaire, les règles et la pratique (lecture, conversation et dictée). Quant à sa survie, la religion n'a rien à voir là-dedans.

Puis, vint les menaces et la colère de Dieu, comme dans le bon vieux temps:

"Un peuple dont l'identité a été fortement configurée pendant des siècles par la foi catholique ne peut pas du jour au lendemain se vider de sa substance sans qu'il en résulte des conséquences graves."

Faisant un appel à tous, le Primat de l'église canadienne a prêché pour le retour en force de la quête (monétaire) le dimanche, Jour du Seigneur :

"Le Québec est mûr pour une nouvelle évangélisation en profondeur et pour un retour aux sources de notre histoire."

Et la question qui tue :

"Il est grand temps de se demander: Québec, qu'as-tu fait de ton baptême? Je veux une nouvelle entente pour que la religion puisse continuer à se transmettre à l'école."

Et pour conclure:

"J'aimerais que la majorité catholique du Québec retrouve sa fierté."

Mgr. Ouellet:

Permettez-moi d'être en désaccord avec vos propos qui relèvent - en 2007 - d'un bon conte de fées pour adultes. Oui, la religion catholique a le droit d'exister, mais pas plus qu'une autre de par le nombre de baptisés au Québec. La preuve : vos églises sont vides.

Vous demandez aux Québécois de re-découvrire une religion qui s'oppose à l'égalité des femmes, à leur juste place dans votre organisation, au même titre que les hommes. En ce sens, il n'existe aucune différence perceptible entre un imam, un rabbin et un prêtre. Vous êtes tous une bande de misogynes qui considérez - au nom de la religion - la femme comme un être inférieur. Or, un Gouvernement qui se tient debout devrait vous mettre au fouet de la Charte des droits et libertés, sans exception. Comme c'est impossible au nom de cette liberté de croire en des êtres inférieurs, concentrons-nous alors sur la sphère publique.

Ainsi, si vous vous comportiez en catholique humaniste, vous cesseriez immédiatement votre vision dépassée de la vie en société. Les femmes ne seraient plus vos boniches et vos servantes, vos prêtres pourraient avoir une vie sexuelle normale et non dans la clandestinité et les abus. Et vous cesseriez de faire la promotion de la vie  de façon éhontée en prêchant aveuglément contre l'avortement. Vous seriez en mesure de  connaître le sujet de vos sermons par vécu et expérience, surtout en matière de famille...

Votre religion est semblable à celle qui prêcherait l'infériorité d'une race par rapport à l'autre. Nous sommes en 2007. La science nous a prouvé que vous aviez tort. Maintenant, cessez vos niaiseries ou gardez-les pour le privé. Vous n'avez plus votre place dans la sphère publique. Au moins, pour le bien de l'humanité, cachez-vous !

Vous terminez votre intervention devant la Commission en soulignant la place de l'Amour dans votre religion..."
L'héritage religieux du Québec est fondé sur l'amour, qui est une force d'intégration sociale beaucoup plus efficace qu'une connaissance abstraite de quelques notions superficielles de six ou sept religions..." C'est cet amour qui justifie la poursuite de la ségrégation des conjoints de même sexe et leur exclusion de votre église ?

Mais en attendant, gardons la religion à la maison. L'État est déjà assez lourd à gérer sans y ajouter des éléments de folklore et  de légendes.

Stéphane Gendron

Marc Ouellet, de lointaine parenté avec le Conseiller André Drouin de Hérouxville ?




 

Publié dans huntingdon

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jacques Boisvert 28/10/2008 19:59

  Bonjour Mr Gendron
Pour répondre à votre question, nous ne nous sommes pas rencontré, mais ça n’enlève rien au plaisir de lire vos opinions.  C’est la première fois que je réponds à un de vos commentaires.  La circonstance est le cadre d’une recherche que je fais sur le programme d’Éthique et Culture religieuse.  En fait j’étais plutôt surpris de relever que la distinction n’est pas complète concernant les propos de Mgr Ouellet.  Lorsque nous approfondissons le dossier, on comprend qu’officiellement les Évêques sont pour la déconfessionnalisation, mais qu’il ne conçoive pas la pertinence de  l’introduction de cours obligatoire de culture religieuse en dehors d’un contexte d’histoire des religions.  Mgr Ouellet brasse le panier, mais au bout du compte il a sans doute raison concernant la finalité du cours.  Ce qu’il dit finalement, c’est que l’objectif du ECR est une utopie.
Merci pour votre réponse
Jacques Boisvert P.S.:  Voici l'ANNEXE manquante au texte précédent
Né le 8 juin 1944 à La Motte, près d’Amos en Abitibi, Monsieur le cardinal Marc Ouellet fit ses études collégiales ainsi que deux années de philosophie à l’École normale d’Amos (1959-1964), y obtenant un baccalauréat en pédagogie de l’Université Laval en 1964. Il compléta ses études théologiques au Grand Séminaire de Montréal (1964-1968) et reçut une licence en théologie de l’Université de Montréal en 1968. Ordonné prêtre pour le diocèse d’Amos dans sa paroisse natale le 25 mai 1968, il fut nommé vicaire à la paroisse de Saint-Sauveur de Val-d’Or (1968-1970). Il enseigna la philosophie au Grand Séminaire de Bogota en Colombie (1970-1971), qui était alors dirigé par les Sulpiciens, et décida de s’agréger à la Compagnie de St-Sulpice en 1972. Il poursuivit ses études à Rome, où il obtint une licence en philosophie de l’Université pontificale St-Thomas d’Aquin en 1974. Affecté en 1974 comme membre de la direction et professeur au Grand Séminaire de Manizales en Colombie, il fut rappelé au Canada en 1976 pour occuper les mêmes fonctions au Grand Séminaire de Montréal.
Il retourna aux études en 1978 et obtint un doctorat en théologie dogmatique de l’Université Grégorienne en 1983. Après une année d’enseignement au Grand Séminaire de Cali en 1983, il occupa la fonction de recteur du Grand Séminaire de Manizales de 1984 à 1989. Il devint recteur du Grand Séminaire de Montréal en 1990, et du St Joseph’s Seminary d’Edmonton en 1994. De 1996 à 2002, il fut titulaire de la Chaire de théologie dogmatique de l’Institut Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille à l’Université Pontificale du Latran à Rome.
Élu évêque titulaire d’Agropoli et nommé secrétaire du Conseil Pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens le 3 mars 2001, il reçut l’ordination épiscopale des mains du Pape Jean-Paul II, le 19 mars dans la basilique Saint-Pierre de Rome. Le cardinal Ouellet a été consulteur de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et de la Congrégation pour le Clergé. Il est actuellement membre de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, de la Congrégation pour l’éducation catholique et de la Congrégation pour le clergé ; membre du Comité Pontifical pour les congrès eucharistiques internationaux, de la Commission Pontificale pour l’Amérique latine et de l’Académie Pontificale de Théologie. Il est aussi membre du Conseil des cardinaux pour l’étude des problèmes organisationnels et économiques du Saint-Siège, du Conseil pontifical pour la culture et du Conseil pontifical post-synodal. Le Pape l’a nommé Rapporteur général de la XIIe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques.
Nommé archevêque métropolitain de Québec le 15 novembre 2002, il a pris possession de son siège le 26 janvier 2003. Il fut élevé au cardinalat par le Pape Jean-Paul II au Consistoire du 21-22 octobre 2003.
 

Jacques Boisvert 24/10/2008 21:03

Vendredi 24 oct. 08
Bonjour à nouveau Mr Gendron
Ma première courte réaction à chaud à propos de votre opinion concernant Mgr Ouellet n’était qu’un prélude, mais ne rend pas justice à votre texte.
Alors je vais commencer par la fin pour vous dire que j’appuis votre commentaire sur le fond et particulièrement en ce qui concerne les paragraphes concernant l’apparence de vision dépassée de la vie en société de Mgr Ouellet et sur la réalité de la religion catholique au Québec.
Évidemment si nous vivions comme lui en immersion totale dans l’aquarium de la stricte observance chrétienne catholique, nous aurions sans doute une soutane virtuelle comme aura.  Il faut prendre connaissance de son curriculum pour s’en convaincre. (Annexe)
Comme observateur, nous sommes tentés de comparer la Cité du Vatican et ses acteurs, comme une résurgence du Temple de Jérusalem avant sa destruction en 70 après la mort de Jésus Christ, comme prophétisé par celui-ci.  Il n’est pas impossible que la Cité vaticane connaisse le même sort un jour, même que depuis Constantin, le Vatican a subit l’assaut (physique où intellectuel) d’à peu près tout les chefs de guerre et plus récemment Napoléon et les vassaux d’Hitler.  Est-ce que la Cité pourra toujours s’en remettre?  Voilà une question à 100$.  
Ce n’est pas le manque de connaissance livresque qui fait défaut chez nos ecclésiastiques, c’est l’apparente impossibilité pour plusieurs de rejoindre le peuple, et de se rejoindre eux même. 
Un Synode par exemple, ressemble à un genre de congrès, de génie informatique pour théologien.  C’est de la mécanique pure!  Pour ceux qui ont la patience de lire, on y trouve des perles.  Mais ça demeure un genre de jeu d’arcade philosophico spéculatif qui a certes des objectifs louables, mais combien intellectuels.  On parle souvent de jeux extrêmes, alors ici nous pouvons parler d’intellectualisme extrême. 
Bien que je sois catholique pratiquant, je ne suis pas en accord avec le style pompeux de l’Église et en ce sens nous en avons connu  l’apothéose au cours de l’été 2008, avec le Congrès Eucharistique de Québec.  Un party pour catho de 15 millions de dollars, pendant que ça crève littéralement à quatre heures d’avion d’ici.  Précisément à Haïti.  
Ma découverte de la mystique chrétienne a procédé par étape laborieuse dans la vie de tous les jours et surtout pas à l’université.  J’ai à peu près le même parcours que tout les jeunes désabusés et découragés qui en on arraché à l’école, qui ont eu une adolescence déchirante, et qui une fois sur le marché du travail on toujours tiré le diable par la queue et qui en amour, vogue d’insuccès en insuccès.  Un looser quoi!
En ce qui concerne ma vie intérieure, il ne fait pas de doute qu’avec le temps j’ai appris à reconnaître ce qu’est l’expérience spirituel.  Bien que baptisé et pratiquant depuis toujours, j’ai pris conscience que la pratique seule n’était pas une condition de bonheur.  J’ai eu à me convertir régulièrement et je l’ai fait au gré des étapes de vie.  Une des dernières en liste fut lors d’un autre échec amoureux, j’étais décidé d’en finir avec ce problème d’échec, j’ai planifié un suicide.  En méditant sur mon projet il m’est venu à l’esprit que puisque j’étais mort dans l’âme, il ne me restait qu’à ressusciter.  Est-ce que je peux vous dire que cette idée lumineuse m’a projeté droit dans la vie au-delà de la souffrance.  
Ma conscience de la réalité chrétienne n’est pas passé par le livre d’abord, ni par les manifestations publiques de type Mgr Ouellet que je respecte sois dit en passant même si je n’endosse pas toutes ses méthode. (Par contre il réussi à faire parler, ce qui peut-être très thérapeutique). 
Comme l’a déjà dit le Pape Jean-Paul II, au fondateur des Petits Frères de La Croix : «Vous savez, jeune homme, il y a beaucoup de savants et de grands théologiens dans l’Église, mais il lui manque des saints : vous devez être un saint»:
 En conclusion, nous pourrions peut-être demander à Mgr Ouellet, d’arrêter de taper sur les chaudrons et de passer à l’action.  L’action ici, pourrait-être d’arrêter de s’étourdir avec les connaissances livresques et de se mettre à l’écoute de l’Esprit.  Cela pourrait se faire par un séjour dans un temple bouddhiste par exemple.  Pourquoi le bouddhisme?   Certainement pas pour se convertir à l’idée de la réincarnation, mais pour apprendre à faire le vide, à laisser la vie battre à son rythme, sans chercher à tout contrôlé, mais plutôt pour laissé l’Esprit agir.  Nous pouvons craindre l’agitation, car selon une mystique d’ici  on reconnaît l’esprit malin dans l’agitation.
Je termine en vous remerciant pour votre écoute et surtout pour votre franc parlé, sans langue de bois.
Jacques Boisvert

Stéphane Gendron 25/10/2008 00:17


Monsieur Boisvert, toujourts très heureux de vous lire. On s'est déjà rencontré? Votre nom ne m'est pas inconnyu. Stéphane Gendron


Jacques Boisvert 23/10/2008 21:47

Bonjour Monsieur Gendron
J’ai toujours apprécié votre genre!  Un homme qui dit ce qu’il pense etc.  Mais lorsque vous avez parlé du comment vous vous y prendriez pour vous suicider lors d’une émission de télévision, je ne peux pas dire que vous m’êtes apparu comme un homme qui peut nous indiquer un chemin d’espérance.  Je connais des personnes, homme et femme qui ne sont pas plus gêné que vous de parler, mais à la différence qu’ils vont chercher des moyens pour continuer à vivre  au-delà de toutes les misères.  Cela dit, nous pouvons êtres en désaccord avec le cardinal Ouellet et tout de même prendre un peu plus de recul avant de lui tirer la pierre sur la place publique.  Peut-être manquez-vous de temps pour approfondir les motivations de Mgr Ouellet?  Quoiqu’il en soit, j’estime que nous avons avantage à gratter un peu plus en profondeur en ce qui concerne cet homme et sa Foi!  Pour le reste, c’est un beau sujet de conversation et je dois dire que j’ai aimé lire votre commentaire.
Jacques Boisvert           

Couissin 15/09/2008 11:28

Pour LorraineJe suis Française de France,et je tiens à rectifier une petite erreur.Les chiffres Huit et six se prononcent bien "hui" et "si" dans certains cas de figure.Par exemple,si le mot suivant commence par une consonne telle que le "m" ou "p"ou d'autres.On dit : "les hui membres d'une association",les hui petits cochons",les hui commentaires",etc...On dit aussi les si qualités ou les hui clients etc...Ce n'est en aucun cas du mauvais français.Il s'agit tout simplement d'alléger phonétiquement le discours en le rendant plus fluide.En effet,les deux consonnes,si on les prononçait,se heurteraient désagréablement.Voilà pour cette petite mise au point destinée à nos cousins du Québec.

karl 23/11/2007 04:04

je dit juste une chose!   IL EST TROP TARD