Ça prend plus qu'une "femme" pour être élu(e)

Publié le par Stéphane Gendron

Jean Charest nous claque les oreilles - de concert avec ses Hauts-Parleurs que sont la très pathétique Christine St-Pierre (que l'on nomme affectueusement dans le milieu "Cri-Cri")  - que le Premier Ministre Charest a donc été magnanime en confiant la moitié des portefeuilles de son Cabinet à des Femmes. Une décision "historique." Moi j'ai dit à l'époque qu'il s'agissait d'une décision conne, dans tous les sens du mot (y compris la version argot du terme con). Charest est d'autant plus magnanime "...qu'il a modifié la Charte des droits pour donner préséance à notre égalité," de clamer Christiane Pelchat, la Présidente du Conseil du statut de la Femme, un organisme qui devrait être aboli. On sauverait de l'argent pour autre chose de plus important. Aussi ridicule qu'à l'époque où René Lévesque s'était nommé Ministre de la Condition féminine, faute de femmes à l'époque (ou faute de femmes compétentes parmi la députation, je l'ignore).

Et bien voilà que le seul fait d'être une "femme" n'est pas un atout en politique. Tant mieux. On l'a vu le soir des Caucus de l'Iowa un peu plus tôt cette semaine avec la belle Hillary Clinton qui s'est faite littéralement débarquer. 3è position devant 2 hommes. Quelle sale affaire pour la pédante qui s'était faite doubler par une stagiaire à l'époque. Et dire qu'une partie de sa campagne était basée sur le leadership au féminin. "It is time for A change". Et bien les Américains ne semblent pas y croire. Fera-t-elle mieux dans le New Hampshire, État ultra-conservateur de la Nouvelle-Angleterre? On s'en doute.

Ce qui étonne cependant dans cette victoire d'Obama, ce sont les similitudes graphiques et d'attitudes avec JFK (John F. Kennedy), MLK  (Martin Luther King) et WJC (William Jefferson Clinton). Je vous invite à visionner attentivement le discours de victoire du Sénateur Obama prononcé jeudi soir. Cliquez ici.

Le discours de la victoire de Des Moines a été baptisé "They said this Day would never come!" Un discours ponctué d'un build up à la Kennedy. Des phrases courtes et très clichées. On rassemble autour de la vertu une foule enthousiaste. On aurait cru que le bon vieux Ted Sorensen, speechwriter de génie de JFK, n'était pas loin derrière.  Cliquez ici pour découvrir la justesse de mes propos ! Puis, la gestuelle des mains : au début comme JFK avec le doit qui pointe vers le bas, légèrement accusateur et ferme, puis l'élévation du poignet à la Clinton, vers le ciel. Mais ce qui frappe : ce sont les trémolos à la King dans la voix. L'intensité même des silences entrecoupés d'incantations. On se ferme les yeux, et on semble entendre les échos du grand discours de 1963 sur la Plaza à Washington, face au Lincoln Memorial. Et que dire de l'image de ce dernier ? Clean Cut. Un Afro-Américain mulâtre, pas tout à fait foncé, et qui inspire confiance de part et d'autre de la frontière imaginaire Mason-Dixon.

Fait cocasse,  j'écoutais Obama discourir l'autre jour sur l'importance d'offrir une couverture de services médicaux de base à tous les Américains, y compris les groupes les plus vulnérables. Un dossier sur lequel Hillary Clinton avait échoué lors du premier mandat de son Mari. Obama veut régler le problème. JFK avait aussi ce même discours lors d'une publicité électorale ...de 1960. Cliquez ici.

Déjà, les analystes et historiens y vont de leur prédictions:  Si Obama remporte le New Hampshire, assisterons-nous à l'élection du premier Président "Noir" ?

Depuis quand la couleur vient décider d'une élection ? Tout comme le sexe de la personne, la couleur et la race ne donnent aucune compétence supplémentaire. La première ne fait que frapper l'imaginaire. Un premier de ci ou une Première de ça ne met pas du plomb et du jugement dans la tête de la direction.

À suivre.

Stéphane Gendron







Publié dans huntingdon

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Lorraine 07/01/2008 20:31

Je n'ai jamais entenu une seule femme dire que le fait d'être une femme était un atout en politique mais beaucoup plus un challenge. Vous le savez pertinemment Stéphane que les femmes doivent et devront toujours performer plus qu'au maximum pour être considérés comme -valable et utile- dans quelque milieu que ce soit.  Je suis déçue pour Hillary Clinton.  Moi, je dis que son expérience à la Maison Blanche et tous les dossiers qu'elle a traités durant les mandats de son mari, lui donnent une expérience que les autres n'ont pas.
Depuis quand la couleur vient décider d'une élection ??? Il ne faut pas oublier que dans les années 60, il y avait encore des marches organisées par les Africains-Américains pour le droit de vote, l'emploi des minorités et d'autres droits civiques élémentaires pour tous les Africains-Américains.  La couleur -noir- est encore un grave problème pour les Américains blanc.  Il reste encore de nombreux ghettos ou 50% des enfants grandissent sans père.  Si vous écoutez Oprah Winfrey, les Africains-Américains restent incompris, méprisés et isolés.  Les discriminations judiciaires sont nombreuses - 44% de la population Africains-Américains se retrouvent en prison.
Si vous écoutez CNN, les Américains ne sont que 5% à répondre qu'ils ne voteraient pas pour un Africain-Américain alors qu'il y a une cinquante d'années, la très grande majorité refusait de voter pour un Africain-Américain.  Obama n'est pas le premier Africain-Américain à se présenter.  En 88 Jessie Jackson avait été victorieux dans le sud des USA et en 2004, le pasteur Al Sharpton. En fait, sur les newsgroups que je lis aux USA, la préférence ne va pas vers Obama, ni vers Hillary.  Dans un groupe de gens de plus de 50 ans, 90% des Américains sont encore indécis (participation d'environ 500 Américains). 
Ce n,est plus le terrorisme qui fait peur aux Américains qui vont élire un nouveau président mais bien la fin de la guerre en Iraq.  Ils ont tous été dupés et veulent tous que leurs soldats reviennent au plus vite.  Le pourcentage de soldats américains revenus de l'Iraq estropiés et infirmes les fait réfléchir énormément.  Celui ou celle qui sera élu Président devra être certain de sortir les soldats Américains de l'Iraq sinon il risque d'avoir un mandat très perturbé selon moi.
Les Américains ont déjà une couverture de base pour les services médicaux.  Ce qu'ils veulent, c'est une couverture semblable à notre Assurance Maladie (services médicaux et médicaments).  que ce soit Kennedy, Clinton ou Obama, les services de santé doivent être payés via les taxes. Si le tout devait être gratuit pour tous les Américains, l'argent doit venir de quelque part.  Les coûts seraient exorbitants pour les USA et soit que l'argent soit emprunté ou soit que les taxes augmentent.  La dette des USA est déjà dans les trillions et le Senat refuserait d'autres emp
Donc, il ne resterait que d'augmenter les taxes et ça, aucun Américain ne veut payer plus de taxes.  Je ne pense pas qu'aucun des candidats pourraient arriver à donner un système Assurance Médicaments Gratuits aux Américains à moins de monter les taxes.
Lorraine

anneso 07/01/2008 15:47

Je pense exactement comme Labinette!
 
 

Éric Mathieu 06/01/2008 00:27

Hillary Clinton s'est beaucoup impliquée dans la politique fédérale pendant la présidence de Bill Clinton. Parmi ses combats : la défense des droits des femmes, l'extension du régime d'assurance santé, la vaccination obligatoire pour les enfants, la lutte contre le cancer... Cependant, depuis quelques années, elle s'est construit une image plus consensuelle depuis quelques années: l'ancienne "gauchiste" a soutenu les opérations militaires en Afghanistan, la guerre en Irak, a dit vouloir légitimer la peine de mort et restreindre les avortements ou encore l'immigration clandestine. Pourtant, un de ses points faibles, c’est qu’elle est considérée par plusieurs américains comme trop à libéral. D’autant plus, qu’elle doit vivre constamment avec le fait qu’elle est la femme de Bill. Ce qui est un avantage autant qu’un inconvénient. En d’autres mots, ce n’est pas tous les américains qui sont chaud à l’idée de revoir le clan Clinton au pouvoir. Finalement, le fait qu’elle soit une femme ne change pas grand-chose parce qu’elle n’ait pas capable d’amener un vent de fraîcheur à la politique américain. C’est du vieux réchauffer!
 


 

Quand à Barack Obama, comme vous l’avez souligné, il a créé une surprise. Malgré le fait que monsieur Obama était très populaire dans son parti, il a quand même bénéficié le l’appui d’Oprah Winfrey, se qui lui a permis de récolter plus de fond pour sa campagne que sa rivale, madame Clinton. Car, honnêtement, il traînait de la patte à ce niveau-là au début. Ceci dit, il est évident que son inexpérience et ses positions libérales laissent songeur le peuple américain. Autrement dit, il demande l'extension de la couverture médicale aux plus démunis, défend la cause des homosexuels, fait augmenter les fonds pour la lutte contre le Sida...Toutefois, contrairement à madame Clinton, il bénéficie, à mon avis, une certaine « naïveté politique » qui peut laisser croire aux gens qu’il peut faire les choses autrement. Surtout, que ses thèmes de campagnes sont : La politique étrangère car celle-ci a été négligée depuis l’arrivée de Georges W. Bush au pouvoir, mettre fin à la guerre en Irak, rendre la couverture médicale plus accessible, promouvoir les énergies renouvelables... Bien sûr, il est absurde de voter pour lui parce qu’il est noir, cependant sa présence comme candidat à la présidence des États-Unis peut servir de modèle à d’autres afro-américains qui n’ont comme seul références des chanteurs de « Gangster-rap ».
 

Éric Mathieu 05/01/2008 18:26

Hillary Clinton s'est beaucoup impliquée dans la politique fédérale pendant la présidence de Bill Clinton. Parmi ses combats : la défense des droits des femmes, l'extension du régime d'assurance santé, la vaccination obligatoire pour les enfants, la lutte contre le cancer... Cependant, depuis quelques années, elle s'est construit une image plus consensuelle depuis quelques années: l'ancienne "gauchiste" a soutenu les opérations militaires en Afghanistan, la guerre en Irak, a dit vouloir légitimer la peine de mort et restreindre les avortements ou encore l'immigration clandestine. Pourtant, un de ses points faibles, c’est qu’elle est considérée par plusieurs américains comme trop à libéral. D’autant plus, qu’elle doit vivre constamment avec le fait qu’elle est la femme de Bill. Ce qui est un avantage autant qu’un inconvénient. En d’autres mots, ce n’est pas tous les américains qui sont chaud à l’idée de revoir le clan Clinton au pouvoir. Finalement, le fait qu’elle soit une femme ne change pas grand-chose parce qu’elle n’ait pas capable d’amener un vent de fraîcheur à la politique américain. C’est du vieux réchauffer!
 


 


 
Quand à Barack Obama, comme vous l’avez souligné, il a créé une surprise. Malgré le fait que monsieur Obama était très populaire dans son parti, il a quand même bénéficié le l’appui d’Oprah Winfrey, se qui lui a permis de récolter plus de fond pour sa campagne que sa rivale, madame Clinton. Car, honnêtement, il traînait de la patte à ce niveau-là au début. Ceci dit, il est évident que son inexpérience et ses positions libérales laissent songeur le peuple américain. Autrement dit, il demande l'extension de la couverture médicale aux plus démunis, défend la cause des homosexuels, fait augmenter les fonds pour la lutte contre le Sida...Toutefois, contrairement à madame Clinton, il bénéficie, à mon avis, une certaine « naïveté politique » qui peut laisser croire aux gens qu’il peut faire les choses autrement. Surtout, que ses thèmes de campagnes sont : La politique étrangère car celle-ci a été négligée depuis l’arrivée de Georges W. Bush au pouvoir, mettre fin à la guerre en Irak, rendre la couverture médicale plus accessible, promouvoir les énergies renouvelables... Bien sûr, il est absurde de voter pour lui parce qu’il est noir, cependant sa présence comme candidat à la présidence des États-Unis peut servir de modèle à d’autres afro-américains qui n’ont comme seul références des chanteurs de « Gangster-rap ».
 


 

Labinette 05/01/2008 16:22

La couleur, l'orientation sexuelle, le sexe d'une personne ne devrait jamais être la première chose qu'on regarde pour élire une personne. Jamais!Quand je pense à André Boiclair et Pauline Marois, le dilemne que cela a apporté: on vote pour une femme ou pour un homosexuel???Heille! On vote pour la personne qui semble avoir la capacité de nous diriger!