La classe politique: opportunistes et de poule sans tête...

Publié le par Stéphane Gendron

Dans son édition du 24 avril 2008, Gilbert Lavoie du Journal Le Soleil nous donne une description savoureuse et surréaliste de la classe politique du Québec à l'annonce de l'abolition du service des nouvelles de TQS:

«Lâche pas, mon Gérard, ça va être intéressant», a lancé Jean Charest à Gérard Deltell de TQS, à la sortie du cabinet hier midi. Quelques pas plus loin, le député de Papineau, Norm MacMillan, attendait également l’occasion de lui parler, pour l’encourager. En matinée, les députés Agnès Maltais et Éric Caire ont été les premiers à rejoindre les employés mis à pied aux abords des studios de TQS, dans le quartier Saint-Roch. Dès qu’ils ont pris connaissance de la nouvelle, les ministres Sam Hamad et Philippe Couillard ont quitté précipitamment la réunion du cabinet pour prendre la même direction. Quelques minutes plus tard, c’était Mario Dumont qui arrivait sur les lieux. En après-midi, Pauline Marois est sortie de l’Assemblée nationale pour se joindre à la manifestation des employés sur la Colline parlementaire."

Hypocrites, m'as-tu-vu, putasserie politique, poules-pas-de-tête et politiciens dignes du film kétaine La Florida. Voilà les termes qui me sont venus à l'esprit en lisant l'excellente description de Gilbert Lavoie. À voir la classe politique depuis l'annonce de Remstar, c'est comme si la Haute-Ville était sous le brasier et que les mesures d'urgences ne suffisaient plus ! À voir la classe politique faire une Sainte-Alliance et profiter du désarroi de 270 personnes qui n'auront plus d'emplois! Quel dégoût...

Un scénario tout à fait surréaliste pour la perte de 270 emplois. Comment se fait-il que Jean Charest n'ait pas encore annoncé la mise en place de comités de reclassement pour les 270 employés? En quoi ces gens sont-ils différents des travailleurs du secteur manufacturier qui vivent leur misère en silence? À tous les jours, on nous parle brièvement de pertes d'emplois par centaines et par milliers dans les régions du Québec, ce qui mérite une ou deux minutes ici et là dans l'Actualité de nos bonnes salles de nouvelles. Ah oui, c'est vrai. Il s'agit cette fois-ci de gens qui portent un micro. Pourquoi la classe politique devrait-elle ménager ce genre de travailleur au détriment des autres?

Les politiciens sont préoccupés par le sort de l'information en régions? J'ai une solution pour vous: redéployez des salles de nouvelles via Télé-Québec et cessez de demander au secteur privé de réaliser vos souhaits opportunistes. Les gens de l'information de TQS ne se battent pas pour le maintien de l'information en régions: ils se battent pour le maintien de leur job, et c'est un réflexe tout à fait humain et normal. Ces travailleurs ont toute notre sympathie.

Une chose est certaine: maintenir l'information telle qu'elle est à TQS ne sauvera pas le principe de l'information en régions. Elle va tout simplement provoquer la fermeture pure et simple de TQS. Le problème de l'information en régions est plus profond que cela. Il est lié à la dévitalisation des régions, l'exode et l'absence de marché.

Faut-il le rappeler à nouveau: le Québec est petit. Le Québec ne représente pas un marché qui peut absorber une autre télé généraliste conventionnelle. Le Québec est gros comme une ville américaine et sa banlieue.

Tournons la page et faisons autre chose.

Stéphane Gendron

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Emma 26/04/2008 23:33

Bonjour M. Gendron,J'ai aussi trouvé hypocrite tous ces 'personnalité politique' qui profite de l'occasion pour se faire voir avec les gens de TQS.Pourtant ils ne sont pas trop visibles d'habitude quand 500 employés perdent leur boulot à part depuis 2 semaines (Croc et TQS).  On doit être en période pré-électorale ?Pour TQS, j'aime bien l'idée de M. Rémillard  qui ce matin dans La Presse soulignait qu'au lieu de penser à dire perdre 270 jobs, que Remstar va sauver 209 jobs!

Stéphane Gendron 27/04/2008 13:44





Luc Bertrand 26/04/2008 05:48

Bonsoir Mr. Gendron, Je crois qu'aucun politicien ne voudrait se mettre à dos un journaliste, ou pire des centaines. C'est un choîx politique et non un choîx moral de la part des politiciens, d'être du bord des journalistes. "Il faut être gentil avec les médias", mot d'ordre de toute formation politique. Vous avez fait la comparaison avec les pertes d'emplois que connait le Québec dans le secteur manufacturier, et c'est vrai que la classe politique s'en lave un peu les mains. Au Québec, le poids et le pouvoir politique sont surtout centrés à Montréal et Québec, tandis que les régions sont trop souvent laissées à eux-mêmes, sans pouvoirs et ressources. Il ne faut surtout pas oublier que les politiciens travaillent en majeur partie pour leur ré-élection, et les régions ne sont malheureusement pas très payantes, politiquement parlant. Mais Montréal oui.  Concernant le sort de l'information en région, les politiciens "font les beaux" face aux régions, mais de loin.Luc Bertrand, Valleyfield

Dedy 25/04/2008 17:21

Bravo pour les suggestion. Les Rémillard sont des gens intelligents et savent où ils s'en vont. Les nouvelles technologies seront probablement emplyées pour donner de l'information dans le Québec, comme toi tu fais avec ta conjointe et c'est grandement intéressant d'entendre parler des vraies affaires qui se passent non seulement à Montréal et Québec mais dans toutes les régions et au-delà. Continuez votre bon travail.C'est vrai pour les membres du gouvernement, ils profitent de toutes les situations pour se faire voir et se donner de l'importance surtout le P.M. Charest qui n'a pas le coeur de se préoccuper des milliers d'autres personnes qui ont perdu leur travail.Il est certain que lècher les journalistes qui perdent leur emploi c'est toujours bon pour lui dans l'avenir, ces mêmes journalistes pourront lècher le gouvernement Charest à leur tour lorsqu'ils retrouveront leur emploi. Quelle belle société de lèche cul!

philux 25/04/2008 15:32

Une excellente idée!!!!! Bravo Bravo! Déployer cette nouvelle équipe de journalistes en région pour le compte de télé-québec. Voilà qui couperait le sifflet au parti québécois qui cherche à rapatrier les pouvoirs du CRTC. Moi je trouverais cela vraiment vivant pour le québec et télé-québec. Franchement ça frise le génie!!!! De plus, TQS a là une occasion formidable d'innover à nouveau et de développer le marché des nouvelles technologies et peut-être même un nouveau type de production comme c'est le cas aux État-Unis...